Ils sont arrivés sans fracas, presque à pas feutrés, et les voilà déjà au sommet. Au Zimbabwe, les U15 sénégalais n’ont pas seulement gagné un tournoi, ils ont imposé une évidence. Une jeunesse sûre d’elle, joueuse, insolente parfois, qui a balayé le Maroc en demi-finale comme on chasse un doute inutile. Quatre buts, nets, sans appel. Le football, à cet âge, devrait être une promesse. Il est devenu, pour ces enfants, une démonstration. On y retrouve ce mélange rare de discipline et d’audace qui fait les grandes équipes. Rien de clinquant, tout est juste. Le geste, le regard, l’envie.
Reste l’ombre familière des coulisses. La Confédération africaine de football a parfois l’art de compliquer ce qui semblait limpide. Son Jury d’appel, expert en retournements tardifs, devra cette fois redoubler d’imagination pour nier l’évidence du terrain. Car il n’y a pas eu match, seulement une leçon. Sous l’ère de Patrice Motsepe, le football africain oscille encore entre lumière et soupçon. Mais au milieu de ces incertitudes, une certitude demeure. Le talent, lui, ne s’invalide pas sur tapis vert.
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