La souveraineté alimentaire revient depuis des décennies sur la table des gouvernements sénégalais. Au début de la guerre en Ukraine en 2022, l’image du président sénégalais de l’époque, aux côtés de son homologue russe, négociant un corridor pour le blé au nom de l’Afrique, était devenue virale. L’opinion se demandait pourquoi ne pas s’assurer une souveraineté alimentaire afin d’être à l’abri des aléas des conflits et des caprices des exportations mondiales.
Faudrait-il rembobiner sur les résultats mitigés des politiques agricoles successives du Sénégal ? Au début, il y eut Savoigne à Saint-Louis avec ses pionniers, puis les Terres neuves à Koumpentoum et le Centre Sefa à Sédhiou. Après l’an 2000 vinrent le plan Goana, le Plan Retour vers l’Agriculture, récemment le Programme des Domaines agricoles et les agropoles.
Hier, le ministre de l’Agriculture appelait à prendre les devants et à anticiper la campagne agricole 2026. Au-delà de la « qualité des sols », Mabouba Diagne mettait l’accent sur la disponibilité et l’accessibilité des intrants agricoles, ainsi que sur la qualité des produits distribués aux producteurs… Autant de contraintes qui reviennent chaque année. La souveraineté alimentaire serait-elle une utopie sous nos cieux ?
omar.diouf@lesoleil.sn


