Le 3 juin dernier, un homme a défrayé la chronique en braquant une banque à Yoff. Le plus cocasse dans cette histoire, c’est que l’action s’est déroulée en plein jour. Le malfrat, encagoulé et muni d’un masque à oxygène a fait irruption dans l’établissement financier avec son arme pour accomplir son forfait. Il aurait mis la main sur 13 millions de FCfa avant de se débiner et de se faire neutraliser par les gendarmes. On se serait cru en plein film d’action digne d’Hollywood.
C’est triste à dire, mais notre pays est devenu comme un Far West. Il n’y a pas de ruée vers l’or qui, à l’époque, avait provoqué un véritable séisme continental et on ne croisera pas des bandits légendaires de la trempe de Billy the Kid, Jesse James ou Buffalo Bill qui ont entretenu la légende de cet ouest lointain, imprévisible et dangereux, moins encore de cow-boys galopant sous une chaleur écrasante, mais le danger est omniprésent. Les agressions font légion. Il ne se passe pas un jour sans que des cas ne soient enregistrés. Les vols à l’arraché et les cambriolages sont devenus monnaie courante et connaissent une recrudescence inquiétante. Les agresseurs ne se cachent même plus. Ils opèrent au vu et au su de tout le monde. Les voleurs, malgré la présence des caméras, ne reculent devant rien et n’hésitent pas à se livrer à leurs larcins. Notre pays naguère si paisible est en proie à la montée de l’insécurité.
La course à la richesse est devenue une réalité. Nombreux sont ceux qui, pris dans les pièges des mondanités, du matérialisme, ont fait de la satisfaction matérielle leur objectif final. Et ils sont prêts à tout pour arriver à leur fin. Quitte même à agresser, à voler et même à tuer d’honnêtes citoyens qui ont eu la malchance de se trouver sur leur trajectoire. L’insécurité est loin d’être la seule tache noire. Les trafics de stupéfiants plombent aussi notre cher pays qui, il n’y a guère longtemps, figurait parmi les pays les plus exposés à l’intensification du trafic de cocaïne en Afrique de l’Ouest avec des chiffres faisant froid au dos. C’est fou comme la drogue circule dangereusement aujourd’hui dans notre pays ! C’est comme si le Sénégal était victime d’une malédiction.
Pas un jour, une semaine ou un mois, sans que l’on annonce des saisies record de drogues. Les temps ont vraiment changé. Avant, on ne voyait la poudre blanche que dans les films sur les cartels. Aujourd’hui, elle est à nos portes, dans nos villes, nos quartiers, nos maisons et même dans les cours de nos écoles. Et très accessible. Au rythme des importantes quantités saisies et avec le chanvre indien qui est consommé comme du pain, nous ne sommes pas loin de l’overdose. Il y a de quoi s’inquiéter, surtout qu’aujourd’hui, nous assistons de plus en plus à l’émergence de nouvelles substances dangereuses qui trouvent un terreau fertile parmi les jeunes. Avec les nouvelles générations, la cocaïne, l’héroïne, le hachis ou le cannabis sont conjugués au passé.
Elles se tournent de plus en plus vers le comprimé « volet », drogue de synthèse à effet euphorisant et stimulant, encore appelée drogue de l’amour parce qu’une fois consommée, elle donne envie de faire l’amour de manière intense. Et aussi la kush, drogue de synthèse mortelle, plus accessible que le cannabis, et jusqu’à vingt-cinq fois plus forte que le fentanyl.
L’usage de ces drogues constitue une réelle menace pour la jeunesse qui tombe de plus en plus dans le piège de la dépendance, de l’addiction.
D’où l’urgence d’organiser la riposte et d’agir de manière ferme pour briser la chaîne meurtrière. Ces différents phénomènes, qui risquent de transformer notre pays en un véritable Far West, ne disparaitront pas d’un coup de baguette magique.
L’État qui consent beaucoup d’effort pour assurer la sécurité des populations et de leurs biens devra s’impliquer davantage dans la lutte contre cette insécurité galopante. Et sans des lois ultra dissuasives, les populations continueront d’être victimes de ces monstres qui ont tout simplement choisi d’emprunter les sentiers de la perdition et de vivre éternellement dans la peur, l’angoisse.

