Keur Massar agonise. Il n’est pas exagéré de parler ainsi du cinquième département de la région de Dakar et 46e et dernier à être créé sur l’ensemble du territoire national. Le président du Conseil départemental de cette collectivité territoriale a récemment lancé un véritable cri de détresse aux autorités. L’absence de moyens et la faiblesse du budget sont autant de handicaps qui plombent la gestion de Keur Massar.
Il faut ajouter à cela une menace d’expulsion du Conseil départemental de son siège pour des arrières de loyer. Actuellement, l’instance est presque sous perfusion et est incapable de continuer à fonctionner ainsi, selon son président, Babacar Gueye. Ce dernier semble dire que le département n’est plus en mesure d’assumer ses responsabilités. Pour lui, la solution passe par la création d’une ville dans le département, etc. Créé en 2022 à la suite de fortes inondations qui avaient touché plusieurs localités, le dernier-né des départements avait réussi à prendre son autonomie vis-à-vis de Pikine dans lequel Yeumbeul, Malika et Keur Massar faisaient partie. Même si depuis lors, plusieurs services de l’État s’y sont installés, notamment le Trésor public, la gendarmerie nationale à travers sa brigade de recherche et sa brigade territoriale, la localité fait encore face à de nombreux défis.
Le premier est lié à la surpopulation qui est aujourd’hui difficile à contenir. Si dans les années 1990 et 2000, la zone était un coin perdu de Dakar, sans grande notoriété, aujourd’hui le département abrite plusieurs nouvelles cités en un temps record. Certaines ont même été implantées en zones inondables, rendant difficile la résolution du problème des inondations. Aujourd’hui encore, plusieurs quartiers de ce département ne disposent pas d’assainissement. Ce qui rend le cadre de vie peu agréable. Il est difficile de se mouvoir à la « Station Keur Massar », lieu névralgique du département.
En voiture ou à pied, il est impossible de se frayer un chemin à cause de la proximité entre le marché, la gare routière, sans compter la présence des banques et enseignes de renom dans la même localité. Avec une seule et unique sortie à partir de l’autoroute à péage, la mobilité suscite une psychose pour bon nombre de personnes. Il s’y ajoute les problèmes d’insécurité liés à divers trafics. Le blanchiment d’argent et les cambriolages y sont monnaie courante. Tant bien que mal, la gendarmerie tente de contenir tout cela. Seulement, les problèmes sont devenus incommensurables. Il urge que l’État consacre d’importants investissements afin de donner à ce département un avenir meilleur. Il faut toutefois souligner que Keur Massar n’est pas un cas isolé, même si sa situation demeure inquiétante.
La plupart de ces entités ne disposent pas de ressources fiscales suffisantes leur permettant d’initier des projets de développement. Sous ce rapport, les communes sont plus nanties que les départements. Mais, au-delà de l’absence de moyens, Keur Massar est assailli par des problèmes de toute sorte. Le Conseil départemental est à bout de souffle. Il reste à l’État de prêter une attention particulière à cette localité de la région de Dakar.
maguette.ndong@lesoleil.sn


