Dans sa politique souverainiste, le Sénégal a lancée l’initiative « Sunu Champions ». Instituée, par arrêté n°000707 du 7 janvier 2026 », elle vise à faire émerger 15 entreprises à fort potentiel pour en faire des locomotives du développement national. Le mardi 28 avril dernier, le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a reçu et installé, au Palais de la République, les membres du Conseil stratégique, organe placé sous son autorité directe. L’initiative « Sunu Champions » repose sur une ambition clairement affirmée : « bâtir la souveraineté économique du Sénégal à travers l’émergence d’entreprises nationales fortes ». Car, a soutenu le Chef de l’État, « aucune souveraineté économique durable ne peut se construire sans un tissu d’entreprises nationales solides, compétitives à l’échelle nationale, régionale et internationale, capables d’innover et d’entraîner dans leur sillage des pans entiers de l’économie ». (Cf. Le Soleil du 29 avril 2026). Certes ! Mais nos entreprises peuvent-elles être compétitives sans la recherche ? Pas sûr. Car, c’est elle qui est à la base de l’innovation. La recherche, « c’est de la compétition. Elle est quelque chose d’élitiste. Ce qui n’exclut pas la coopération », dit Antoine Petit, président directeur général du Cnrs (France). En effet, tout est en compétition dans la vie. Et c’est l’émulation qui est à la base des innovations.Comme en économie, le pays doit créer des champions de la recherche. Ce qui passe par la mise en place de centres haut de gamme – bien sûr avec des moyens humains et matériels conséquents – et un soutien accru aux universités publiques pour en faire de véritables pôles d’innovation et champions de la recherche en s’inspirant des Usa, de la Chine et de tous les pays où la recherche connaît un véritable essor. Aux Usa, on peut citer des institutions académiques prestigieuses comme MIT, Harvard, Stanford, les Instituts nationaux de la santé (Inh), la Nasa… Des centres qui sont concentrés autour des pôles d’innovation, notamment à Boston, dans la Silicon Valley et dans la région de Washington D. C. En Chine, l’Académie des Sciences de Chine (Cas), les institutions spécialisées comme le Centre de recherche clinique de Shanghai (Scrc), ou l’Institut de physique du Sud-ouest, mais également de grandes universités comme Pékin, Tsinghua, sont des pôles majeurs en recherche-développement.
Mieux, la Chine s’est lancée dans ce que d’aucuns appellent « la course vers le futur » soutenue par une révolution technologique robotique voulue par le Président chinois Xi Jinping pour stimuler la fabrication industrielle. Selon la chaine française France24 et de la télévision chinoise Cgnt qui avaient fait à Pékin, un reportage du 8 au 12 août 2025, sur la Conférence mondiale des robots 2025 appelée aussi Conférence mondiale sur la robotique, la Chine investit des milliards de dollars pour le leadership mondial technologique en matière d’industrie robotique. Pour certains, elle dépasse même son plus grand rival, les États-Unis. Idem dans le domaine de l’Intelligence artificielle (IA). Selon son vice-ministre de l’Industrie, Xin Guobin, « au cours du premier semestre de cette année, le chiffre d’affaires de la robotique a augmenté de 30 % par rapport à l’année précédente ». Ainsi, sont apparues des « smart cities » ou villes intelligentes comme Shenzhen, au sud de la Chine (aussi appelée la Silicon Valley de l’Orient, la ville de la technologie et de l’intelligence artificielle) et Hangzhou, « le Coeur de l’Orient », dénommée ville de la robotique.
Le Sénégal doit adopter une telle stratégie en s’appuyant sur son potentiel local et sa diaspora. En effet, le pays regorge de talents reconnus aussi bien ici qu’à l’extérieur. Sur le plan national, des résultats remarquables de nos chercheurs dorment dans les tiroirs. C’est le cas dans l’agriculture avec l’Isra (un véritable pôle de recherche, même s’il manque de moyens humains et matériels nécessaires), dans la santé, etc. À l’étranger, nos scientifiques brillent par leurs travaux. Le potentiel est donc là. Il suffit de bien l’exploiter. Encore une fois, aucun pays ne peut se développer en ignorant la recherche scientifique.
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