Onze virages à négocier entre Ndande et Kébémer. Et plus entre Louga et Saint-Louis, axe réputé très accidentogène. Voyager sur nos routes, comme il nous a été donné l’occasion de le faire ces derniers jours, se révèle très souvent périlleux, voir même risqué. A ces virages sans possibilités de contournement, le voyageur doit faire avec d’autres aléas qui rendent son trajet plus que difficile. Il doit faire preuve d’une attention décuplée, mais surtout d’une concentration maximale. Les dos-d’âne, implantés la plupart du temps selon le bon vouloir des populations des zones traversées, sont largement suffisants à stresser le plus apte des conducteurs. Bâtis n’importe comment, ces dos-d’âne d’une utilité certaine, se révèlent être de plus en plus des bombes à retardement pour tout conducteur qui les détecte à la dernière minute. L’on se heurte fréquemment à l’absence des deux signalisations nécessaires pour la prévention et l’avertissement final dans la dernière qui se situe normalement à la hauteur du ralentisseur. Aussi, rarement l’on retrouvera un ralentisseur peint et bien proportionné ; ce qui remet même en cause l’appellation de dos-d’âne. L’érection de certains ralentisseurs, laissée souvent à la volonté des populations, ne peut nullement être justifiée, eu égard aux distances faibles qui les séparent ou à leur implantation en rase campagne où l’on n’aperçoit âme qui vive.Ce phénomène n’est pas le seul qui rend pénible nos voyages en terre sénégalaise, même si certaines localités en sont plus pourvues plus que d’autres, comme sur l’axe Richard-Toll-Ndioum que nous avons eu le plaisir d’emprunter ces derniers jours. Ce dernier axe, qui va jusqu’à Tambacounda via les départements de Podor, Matam et Bakel, est pourtant l’un des meilleurs de ce pays en termes de revêtement, d’épaisseur, de largeur. Un beau tronçon presque saboté par le nombre de ralentisseurs.
Le voyageur nocturne est très souvent intrigué par de nombreux véhicules qui ne présente aucune signalisation à l’arrière. Il faut très souvent les approcher, à défaut de les effleurer ou heurter, pour se rendre compte de leur présence. Même si votre éclairage n’est nullement défectueux. L’interrogation se résume en comment les services d’ordre et techniques ont pu les laisser rouler ou délivrer un certificat de circuler.
Certainement pas des points qui intéressent ceux qui ont observé la grève ces trois derniers jours à l’appel de plusieurs syndicats du secteur des transports (du 30 mars au 1er avril 2026). Une grève qui serait reconduite pour 72 heures. Nous en saluons certains points revendicatifs. Cette suspension d’activité chez certains transporteurs s’est faite durement ressentir dans de nombreuses régions que nous avons parcourues. Il est évident que le transport à partir de Dakar irrigue le transport interurbain. Un mouvement d’humeur est lancé par plusieurs syndicats du secteur des transports (la Fédération des transporteurs routiers, qui regroupe quatorze organisations, dont l’Aftu et le Syndicat autonome des chauffeurs de taxis urbains). Et les revendications portent sur des réformes techniques et dla dénonciation du refus des autorités de reconnaître officiellement une nouvelle structure syndicale mise en place le 16 février 2026. Les grévistes perçoivent ce blocage institutionnel comme une manoeuvre visant à affaiblir leur pouvoir de négociation. Ainsi, les transporteurs ont tout faux d’exprimer des inquiétudes concernant la mise à jour des véhicules et des infrastructures. De la même façon que les particuliers et autres s’accordent à mettre leurs véhicules aux normes, ils doivent se donner les moyens d’avoir des véhicules à jour. Aussi, méritent-ils le soutien et une attention des autorités quand ils dénoncent le harcèlement et la corruption dont ils sont victimes sur les routes, même s’ils ne sont pas les seuls. Tout comme il faut appuyer leur souhait de voir la réduction des points de contrôle, un engagement de l’Etat.
Le problème du transport sénégalais se heurte à l’absence de modernité et à l’obsolescence du parc automobile, contrairement à certains pays qui ont choisi de mettre l’usager transporté dans les conditions les meilleures. La climatisation, l’organisation, la non-surcharge… ne sont nullement un luxe dans un environnement évolutif. L’émergence des « War Gaïndé » et autres « Allo Dakar » s’explique quelque part par le dégoût des fameux « 7 places » et autres types de véhicule passés de mode.
Il est évident que le comportement et l’irresponsabilité de nombreux chauffeurs, très souvent à la fleur de l’âge, n’aident pas à assurer un transport viable et sans risque. Le facteur humain étant la principale cause des accidents, il devient impératif d’assurer une formation supplémentaire à tous ceux qui s’adonnent au transport. Un autre phénomène sur lequel il faut aussi s’interroger et se pencher est cette facilité de faire du « Yango », déclenchant ainsi une concurrence déloyale pour les détenteurs de permis de transport en commun.
Le secteur du transport souffre de nombreux maux dont l’inorganisation semble le point culminant avec des « garages sauvages » qu’il est loisible d’observer partout.
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