En Afrique, au Sénégal particulièrement, le sport est très souvent associé à la sorcellerie. Parce que le talent, croit-on, ne suffit pas. Déjà, lors de la dernière Can, les Marocains ont accusé le Sénégal d’avoir usé de sorcellerie pour remporter le trophée qu’ils convoitaient eux aussi et qu’ils espèrent remporter avec la complicité de la Confédération africaine de football (Caf). Si les sorciers étaient aussi forts qu’on le prétend, le Sénégal n’aurait jamais attendu 57 ans pour goûter aux délices d’un sacre continental. Dimanche 5 avril, Sa Thiès a terrassé Modou Lo, devenant du coup le neuvième « Roi des arènes » depuis Manga 2 en 1984. Avant cette prouesse, des diseurs de bonne aventure ont pollué les réseaux sociaux, jurant avec effroyable assurance leurs grands dieux que le fils de Double Less et frère de Balla Gaye 2 mordra la poussière face au « Roc » des Parcelles assainies. Le verdict des arènes les a fait mentir. Tournés en dérision, insultés, vilipendés, traités d’imposteurs, ces féticheurs ont reçu une volée de bois verts. Mais au-delà de toutes ces considérations, que cherchent-ils vraiment à prouver ? Concurrencer Dieu certainement. Notre pays est devenu le repaire d’imposteurs qui, comme Thierno Amadou Diallo alias « Kounkandé », avait annoncé, il y a quelques années, qu’il fendrait la mer le jour d’Achoura (Tamkharite), vous diront sans trembler qu’ils peuvent marcher sur l’eau, faire danser le soleil, la lune, guérir des maladies incurables, ressusciter des morts, multiplier pains et poissons en un claquement de doigts. Évidemment, avec leurs délires, ils réussiront toujours à ferrer un lot de fanatiques sans cervelle, toujours prompts à se prosterner à leurs pieds.Dans un monde où l’on n’est jamais sûr de se réveiller le lendemain après une nuit de sommeil, on se demande ce qui peut bien pousser un pauvre mortel à vouloir s’arroger les pouvoirs de Dieu, le Créateur des Cieux et de la Terre. Nul autre que Lui ne sait de quoi demain sera fait. Pas même ces prédicateurs des temps modernes, ni ces charlatans à deux sous qui se prévalent de pouvoirs incommensurables, moins encore nos chers guides auxquels nous vouons un culte presque divin. Seul le Très-Haut connaît l’avenir ; Lui, l’Omniprésent, l’Omniscient, Celui qui sait tout. Rien ne Lui échappe, que ce soit dans le passé, le présent et l’avenir. Et rien ne se produit si ce n’est par Sa volonté. « C’est Lui qui détient les clefs de l’Inconnaissable. Nul autre que Lui ne les connaît. Et Il connaît ce qui est dans la terre ferme, comme dans la mer. Et pas une feuille ne tombe qu’Il ne le sache. Et pas une graine dans les ténèbres de la terre, rien de frais ou de sec, qui ne soit consigné dans un livre explicite », nous renseigne le verset 59 de la sourate Al-Anam (Les bestiaux).
Chaque jour, nous pensons, planifions et faisons des choix que nous croyons les meilleurs. À l’arrivée, les choses ne se passent jamais comme nous le voudrions. C’est parce que nous sommes de pauvres mortels incapables de savoir ce que demain nous réserve. Et le verset 34 de la sourate Luqman le confirme : « La connaissance de l’Heure est auprès d’Allah ; et c’est Lui qui fait tomber la pluie salvatrice ; et Il sait ce qu’il y a dans les matrices. Et personne ne sait ce qu’il acquerra demain, et personne ne sait dans quelle terre il mourra. Certes, Allah est Omniscient et Parfaitement Connaisseur ».
À défaut de pouvoir savoir ce que demain nous réserve, la patience et l’endurance doivent être notre bouclier. On nous enseigne d’ailleurs qu’elles font partie des vertus qui constituent la parure du bon croyant. Mais sous nos cieux, il est difficile de s’armer de patience dans les moments difficiles et de faire preuve de reconnaissance dans les moments de joie. Tout le monde veut devenir aussi riche que Crésus sans suer, avoir une promotion, occuper un haut poste de responsabilité, être le maître du coeur de la plus belle nymphe du pays, devenir un footballeur professionnel, gagner des titres… Et compte sur les prières et l’intercession de ces as de la duperie qui prétendent tout pouvoir alors qu’ils ne peuvent absolument rien.
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