Mame Mbaye Niang, encore lui. L’ancien ministre se fait une nouvelle fois inviter sur la même radio privée, dans la même émission matinale, pour dire ce qu’il a toujours dit : Ousmane Sonko ne participera pas à la prochaine élection présidentielle. Curieuse coïncidence : le très proche collaborateur de l’ancien président Macky Sall ne sort de son silence que lorsque la question de la candidature du leader de Pastef est agitée. Sa dernière sortie sur cette même antenne remonte au mois de juillet, au lendemain de la décision de la Cour suprême rejetant le recours en rabat d’arrêt introduit par l’actuel Premier ministre. « La Cour clôt le débat : il ne sera pas candidat en 2029 », avait alors déclaré l’ancien ministre de la Jeunesse et du Tourisme au micro de nos confrères de la Radio Futurs Médias (Rfm). Cette fois encore, il revient à la charge, quelques heures seulement après l’annonce de députés de la majorité exprimant leur volonté de modifier les articles L29 et L30 du Code électoral. « Même si l’Assemblée nationale modifie ces deux articles, il y a d’autres étapes à franchir pour valider une candidature », a-t-il affirmé. Toute l’émission s’est ainsi cristallisée autour d’une seule et unique question : Ousmane Sonko pourra-t-il être candidat en 2029 ? Si l’invité était juriste, personne n’y trouverait à redire. Mais il se trouve que le Monsieur ne connaît rien en droit, ses analyses relevant donc davantage de l’opinion que de l’expertise juridique. Encore plus troublant : c’est sa plainte en diffamation qui avait empêché le président du Pastef de se présenter à l’élection présidentielle de 2024. Que cherchent donc Mame Mbaye Niang et ceux qui l’ont invité ? S’agit-il d’une simple prise de position politique ou d’une tentative de réactiver un scénario déjà observé en 2024 ? Difficile à dire. Toujours est-il que le contexte n’est plus le même. Il n’est plus question que des décisions de justice redessinent le paysage politique.
Aujourd’hui, le Sénégal se trouve à un tournant. Porté par les nouvelles autorités, notamment le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko, le pays affiche l’ambition de restaurer pleinement l’État de droit et la confiance dans les institutions. Dans cette perspective, la participation à la compétition politique devrait relever exclusivement du choix souverain des citoyens, exprimé dans les urnes. Les acteurs politiques sont ainsi appelés à privilégier le débat d’idées et la mobilisation sur le terrain, plutôt que le recours à des mécanismes susceptibles d’exclure leurs adversaires. En termes clairs, ceux qui ont des ambitions pour le pays doivent se préparer, élaborer des projets, affiner leur stratégie et aller à la rencontre des Sénégalais pour les convaincre. Toute autre voie serait indigne du Sénégal et de sa démocratie. En attendant, et notre confrère Babacar Fall a bien fait de le rappeler à son invité : 29 milliards de FCfa ont été dépensés dans le cadre du Programme national des domaines agricoles communautaires (Dac), sans résultats visibles sur le terrain. Voilà un dossier qui pourrait bien mobiliser la société civile et les institutions compétentes, notamment la justice, dans un souci de transparence et de reddition des comptes.
abdoulaye.diallo@lesoleil.sn

