Mouhamed Saliou Ndiaye, devenu une figure populaire sur les réseaux sociaux, est considéré comme un « porte-bonheur » des Lions de la Teranga par de nombreux férus de ballon rond. Ce célèbre supporter, connu pour avoir utilisé un viseur laser lors de la confrontation entre le Sénégal et l’Égypte en mars 2022, a encore fait parler de lui la semaine dernière. Air Sénégal lui a offert un séjour tous frais payés au Maroc.
L’annonce a été faite sur la page Facebook de la compagnie aérienne. Après des « recherches » sur le jeune homme, elle a fini par retrouver ses traces. Une initiative qui a suscité de nombreuses controverses. Cela n’a toutefois pas empêché Air Sénégal de publier, le lendemain, une photo sur laquelle le jeunot de 14 ans apparaît fièrement, valises en main, prêt à aller supporter les Lions de la Teranga.
« Saliou Ndiaye, notre 13ᵉ gaïndé et fervent supporter des Lions du Sénégal, est parmi nous ! Équipé de son pack supporter composé d’une écharpe, d’un t-shirt et d’une casquette, ainsi que de bracelets aux couleurs nationales, il est prêt à s’envoler vers Tanger pour encourager nos Lions, dans la passion et le respect des règles », lit-on dans la publication. Ce post a engrangé plus de 6 000 mentions « J’aime » et suscité plus de 600 réactions. Sur TikTok, leur dernière vidéo a généré plus de 50 000 vues. Pari gagnant !
Cette séquence montre, une fois de plus, le pouvoir des réseaux sociaux. Il a suffi d’une photo publiée, rapidement devenue virale, pour changer la vie d’un petit garçon. Et aujourd’hui encore, quatre ans plus tard, il continue de susciter bien des intérêts. Rien d’étonnant : dans un monde hyperconnecté, à partir d’une photo ou même d’une simple vidéo, une vie peut basculer à tout jamais.
Ici, ce n’est pas seulement Mouhamed Saliou Ndiaye qui y gagne en s’envolant au Maroc, tous frais payés. C’est aussi un véritable coup de marketing pour notre compagnie nationale : du marketing d’influence, pour être plus précis.
Le marketing d’influence est une stratégie digitale dans laquelle des marques collaborent avec des créateurs de contenu, qui le deviennent souvent malgré eux, pour promouvoir des produits ou des services auprès de leur communauté en exploitant leur notoriété. Cependant, Mouhamed Saliou Ndiaye n’est pas le premier jeune à devenir un phénomène viral sur les réseaux sociaux au point d’attirer l’attention de grandes entités.
La petite Assietou Gueye, qui a fait ses débuts en décembre 2025, a vu sa notoriété monter en flèche. Sa toute première vidéo, où elle partage sa routine, cumule 150 000 réactions. Celle qui compte 100 000 abonnés sur TikTok poste des contenus qui génèrent plus de 50 000 réactions. Cela lui vaut même l’attention de la marque Uniparco Cosmétiques.
Le célèbre Omar, connu pour sa réplique « waw amna » (oui, c’est avéré), fait également partie de ces nombreux enfants ayant su tirer profit de leur notoriété. Celui qui s’est fait connaître sur les réseaux, notamment TikTok où il cumule plus de deux millions d’abonnés, partage ses connaissances en histoire et sur d’autres thématiques tout en multipliant les collaborations.
Mais pour Mouhamed Saliou Ndiaye, au-delà du fait d’en sortir gagnant, cette stratégie d’Air Sénégal pose la question de l’exposition des enfants sur les réseaux sociaux. À 14 ans, ce jeune, en classe de quatrième, n’est pas un créateur de contenu. Il s’est retrouvé, presque malgré lui, propulsé sur les réseaux sociaux. Une exposition qui peut être à double tranchant, à une époque où tout peut changer du tic au tac par un simple clic.
Arame NDIAYE

