Produire plus, créer des emplois, gagner en compétitivité… sans davantage abîmer la planète. Le pari peut sembler difficile à tenir. C’est pourtant l’une des grandes équations auxquelles sont confrontées les économies qui veulent accélérer leur industrialisation. Au Sénégal, où l’ambition est de transformer davantage les ressources locales et de créer plus de valeur ajoutée, l’industrialisation verte apparaît de plus en plus comme une nécessité.
Mais derrière cette expression devenue familière se cache une réalité très concrète : comment produire mieux tout en consommant moins et en polluant moins ? L’industrialisation verte désigne une nouvelle manière de penser et d’organiser la production industrielle. Elle ne signifie pas qu’il faudrait renoncer aux usines, aux machines ou à la croissance industrielle. Bien au contraire. L’objectif est de rendre l’industrie plus productive, plus compétitive et plus économe en ressources, notamment en énergie. Une entreprise qui s’engage dans cette voie peut, par exemple, remplacer des équipements vieillissants et très énergivores par des machines plus performantes. Elle peut réduire sa consommation d’eau, limiter ses déchets, recycler certaines matières premières ou encore recourir davantage aux énergies renouvelables. Le principe est simple : produire davantage de valeur avec moins de ressources et moins d’impact sur l’environnement.
Prenons le cas d’une usine. Si elle modernise ses équipements, elle peut produire davantage tout en réduisant sa consommation d’électricité. Si elle installe des panneaux solaires, elle peut diminuer sa dépendance aux combustibles fossiles. Si elle récupère et réutilise une partie de l’eau nécessaire à sa production, elle réduit ses coûts tout en préservant une ressource précieuse. La dimension environnementale rejoint ainsi directement la question économique. Être plus vert peut aussi signifier être plus compétitif. Une entreprise qui gaspille moins d’énergie et de matières premières réduit ses charges. Elle peut donc améliorer sa productivité, renforcer sa compétitivité et, à terme, mieux résister à la concurrence. Cette transformation concerne également les déchets.
Dans une logique d’économie circulaire, ceux-ci ne sont plus nécessairement considérés comme une fin de parcours. Ils peuvent devenir une nouvelle matière première. Recycler, réutiliser, réparer ou valoriser les déchets permet ainsi de limiter le gaspillage et de créer de nouvelles activités économiques. Pour le Sénégal, l’enjeu est particulièrement important. Le pays veut accélérer son industrialisation, développer la transformation locale de ses matières premières et générer davantage d’emplois. L’industrie verte offre la possibilité de poursuivre cette ambition sans reproduire certains modèles industriels fortement dépendants des énergies fossiles et des ressources naturelles.
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