Le 27 Juin 1922, aux environs de de la prière rituelle de « Tisbaar », le « Mujaahid » El Hadji Malick SY, que ses contemporains et la postérité ont surnommé respectueusement « MAODO » en référence non pas à son âge, mais à ses qualités intellectuelles, spirituelles et sociales de leadership organique, rejoignait stoïquement son prochain. En présence de son illustre descendance constituée de ses fils, conduits par l’ainé Serigne Baabakar SY, assisté par son bras droit et frère Serigne Mansour SY, de ses disciples qu’il avait élevés de son vivant au rang de compagnons de quête du savoir pour atteindre leur CRÉATEUR, des habitants de Tiwaawan la sainte que son passage avait transformé dans ses postures et modes de fonctionnement, le guide sera porté en terre, à l’entrée de sa zawiya, après la prière mortuaire dirigée par son cousin Serigne Mor Khoudia Sy de Mbirkilane.
Les premiers moments d’inquiétudes, de tristesse et de doutes semblaient ouvrir un cycle centenaire d’incertitudes, tant le disparu avait semblé irremplaçable.
Seydi El Hadji Malick SY avait en effet instauré au cœur du dispositif colonial, en pleine zone de confluence des contradictions ceddo du kajoor, un leadership organique dont sa disparition subite semblait porter les germes d’une probable fragilisation.
Ce pronostic pessimiste est largement démenti par la célébration de ce jour qui confirme éloquemment que le témoin qu’il transmit à son illustre fils Seydi Abubakar soutenu par ses frères, à ses fidèles compagnons en Islam, s’inscrivait dans la continuité historique d’un projet dont la conception, servie par une vision globale avait décliné autant l’objet et les objectifs que les modes d’actions et les finalités.
En effet, la présence annuelle à Tiwaawan des plus hautes autorités publiques de notre état, des représentants de toutes les familles religieuses de notre pays, des représentants diplomatiques accréditées au Sénégal, est le symbole éloquent qu’avant de disparaitre physiquement de nos proximités, Seydi Hadji Malick avait planté, dans nos consciences et dans nos cœurs le serment d’appropriation de son projet de systématisation d’un Islam dont l’originalité se conforme intégralement à la fidélité au contenu du Livre sacré et au Message immuable de son porteur, l’Envoyé qui clôtura définitivement la liste des envoyés. Héritier d’une ligne de transmission de ce programme ultime d’humanisation de l’espèce humaine, El Hadji Malick SY, homme de synthèse des valeurs des terroirs de rencontres et de métissage du Waalo et du Tekrur par sa mère, des capacités de synthèse des contradictions géographiques et sociales de la Sénégambie que furent l’empire et le royaume du Jolof de son ascendance paternelle, des dispositions d’ouverture et de tolérance apprises de ses fréquentations des cités urbaines de synthèse confluence de Saint Louis, de Rufisque, de Dakar dans sa quête de documentation et du savoir, Maodo a très tôt pris conscience de ses responsabilités historiques et du devoir de les assumer comme tout intellectuel organique.
À partir du début des années 1880 et surtout depuis son retour de la Mecque en 1888_1890 un de ses soucis majeurs consista en effet à trouver l’endroit idéal de systématisation de son projet, en dehors de toute immixtion extérieure susceptible d’en polluer le contenu et le déploiement. Le contexte de la fin du 19ème siècle lui exigeait en effet la mission de construction des axes de réalisation de sa vision de refondation de l’Islam Sénégalais par la voie de la Tijaaniya.
Le contexte ambiant défavorable nécessitait une démarche fondée sur une méthodologie infaillible d’autant plus pressante que la controverse coloniale était en faveur du système de domination extérieure avec ses conséquences les plus dévastatrices au plan culturel.
CONTEXTE HISTORIQUE DE CONCEPTION DU PROJET
Deux années avant son départ à la Mecque en 1888, le Kajoor, centre névralgique de la colonie était tombée dans l’escarcelle de l’occupant français avec la fin de la résistance armée à Deqele le 27 octobre 1886. Le royaume du Kajoor qui constituait un verrou pour les intérêts français entre le centre décisionnel de Saint Louis et le pôle économique en devenir de Dakar, succomba définitivement avec la mort de Lat JOOR et l’avènement de la confédération du Kajoor dirigée par Demba Waar SALL et sa famille. Le royaume est dissous, les titres traditionnels supprimés. En lieu et place, l’administration coloniale crée la province du Kajoor constituée des cantons confédérés autour de l’autorité de Demba WAAR, nommé chef supérieur de la province du Kajoor.
Deux années après son retour de la Mecque en 1890, le Jolof de ses origines paternelles, qui aurait pu abriter son projet, tombe entre les mains des français avec l’assaut de la coalition constituée par entre la France et l’ensemble des pays de protectorat qui obligea Alburi NJAAY à abandonner son trône pour aller se mettre au service du drapeau de El Hadji Oumar Foutihou TALL au Soudan.
Le Cheikh entreprit alors un processus de prospections au Waalo, au Njambur entre Waxxy, Ker Bassine et koki (1889), le jolof (entre 1889 et 1890), Pire, Louga, Rufisque et même Dakar. N’ayant trouvé nulle part l’endroit rêvé, il revint à Saint Louis pour continuer la réflexion de 1890 à 1895. C’est durant cette période d’introspection qu’il fit la connaissance avec d’une personne dont la l’apport (proximité) sera déterminante dans son projet (parcours) de rénovation socétale. Il s’agit de Mamma Joor AMAR, un Ajoor qui fréquentait fréquemment Saint Louis.
C’est en effet, Mamma Joor AMAR qui le premier, lui parla des facteurs d’opportunités qu’offrait un espace jusque-là anonyme, NJAARNDE.
NJAARNDE DE LA CONCEPTION DU PROJET
A LA STRATEGIE DE DISSÉMINATION
Situé au cœur du Kajoor, au croisement des cantons de Mbul mbaakol et de Mbul Jamatil, à vingt (20) kilomètres de Kelle, Njaarnde recoupait les avantages que Seydi El Hadji Malick avait fixés comme conditions préalables à son installation. Elles étaient en effet au nombre de trois :
Un terroir dont le sol de qualité lui assurerait l’indépendance économique, à travers l’agriculture ;
Un espace rural éloigné de l’influence spoliatrice des cités urbaines ;
Une terre indemne de tout litige domanial.
Seydi El Hadji Malick connaissait par ailleurs l’endroit proposé, qu’il avait fréquenté durant ses années de pérégrinations pour ses recherches entre 1883 -1886. Le temps pressait car le système colonial, après avoir défait les dernières résistances armées entre 1980 et 1890, prenait conscience du danger que représentait l’Islam.
Pierre DORNIA résumait cette nouvelle dynamique dans le bulletin de la société des études coloniales et maritimes en 1902, quand il écrit :« De tous les obstacles qu’a rencontré notre expansion en Afrique, le plus puissant, le plus continu qui se soit dressé devant nous est sans contredit celui que nous a opposé l’Islam. A la fois dogme religieux et instrument d’action politique, le Mahométisme nous a combattu par la force chaque fois qu’il en a eu les moyens puis lorsque les résistances ont dû céder devant nos armes, il substitua à la lutte ouverte, une opposition sourde ».
Devant l’urgence de préparer la riposte appropriée, Maodo décida de quitter Saint Louis et de s’installer à Njaarnde, afin de se donner les moyens de répondre à ce qu’il considérait comme sa mission historique, à savoir, élaborer une réponse non violente à la progression coloniale afin d’atténue la souffrance des populations embarquées depuis 1855 dans les turbulences des luttes de conquête et de résistances armées. Par ce choix et cette option, Seydi Hadji Malick choisit, bien avant Huntington, d’anticiper le phénomène du choc des civilisations. Son combat devait s’appuyer sur le réarmement religieux, spirituel et social des populations pour contenir le rapport de forces colonial, par la connaissance et la conscience servies par le culte orthodoxe du créateur.
Sa connaissance pointue de son environnement social et du contexte global, étayée déjà par ses fines analyses de portée sociologique exprimées dans nombre de ses écrits et surtout dans son fameux « Kifaaya tu raaghibiin » lui permit de penser son projet de résistance par le savoir, les attitudes et comportements et surtout l’armement des âmes pour endiguer ce que Georges HARDY a appelé « la conquête morale ».
Njaarnde offrait donc au Cheikh l’opportunité de traduire son objectif de transformation sociale, par l’élaboration d’une méthodologie infaillible et adaptée de réalisations systématiques et systémiques.
Le temps ne jouant pas en sa faveur, il envoya toute sa famille depuis Saint Louis à Njaarnde, avant de les rejoindre avec ses premiers fidèles compagnons, parmi lesquels
Ravane NGOM
Magueye NDIARÉ
Abdoulaye GUEYE Fassel
Malick SARR
Youssoupha DIOP
ses proches parents
Abdou Fati NIANG
Mor Khoudia SY
Mor Binta SY
NJAARNDE OU LE LABORATOIRE d’INCUBATION DU PROJET
En s’installant à Njaarnde en 1895, El Hadji Malick SY lançait le programme de riposte à l’agression extérieure tout autant que celui de la correction définitive des dérives de la société Ceddo.
Il est à noter que l’un des premiers hôtes qu’il reçut sur place, quelques mois seulement après son arrivée en 1895, fut son parent Cheikh Ahmadou Bamba MBACKÉ qui y séjourna quelques jours.
Son hôte, Mame Magoumba AMAR qui remarqua la fréquence, la durée et la discrétion de leurs entretiens, devina si vite leur sainteté, leur complémentarité et leur capacité d’influence réciproque qu’il n’hésita pas à leur partager équitablement ses quatre fils.
Le Pr Ravane MBAYE rapporte que les entretiens de deux hommes se tenaient généralement « sous le tamarinier situé entre le cimetière et la mosquée. Cette rencontre bénie entre ces deux hommes de Dieu, qui se préoccupaient de diffuser l’Islam pacifiquement, suivant ainsi scrupuleusement les enseignements de l’Envoyé d’Allah, fait penser à la rencontre sous l’arbre de l’Agrément ou les Compagnons du Prophète avaient signé le pacte historique de renonciation aux armes pour diffuser l’Islam » P139.
Seydi Hadj Malick comprenait en effet avant Georges DEHERME (L’Afrique occidentale Française ; Paris, Librairie Bloud et Cie ; 1908) que « L’islam n’est pas qu’une métaphysique. C’est une religion complète, qui se suffit à tout, en comprenant le temporel et le spirituel. Le Coran règle toutes les démarches de la vie sociale », à condition disait Maodo d’en maitriser les subtilités de fond et de forme. Cela passe par des programmes et une stratégie de formation et d’éducation intégrée.
En quelques mois, à partir d’une démarche pédagogique pertinente, les premiers résultats furent plus que satisfaisants. La retraite sous la forme d’un séminaire-laboratoire de haut niveau, enregistra ses premiers certifiés, ainsi répartis, selon Serigne Ibrahima DIOP, un des biographes les plus fidèles de Maodo,
WAALO : 21
KAJOOR : 14
SAINT LOUIS 4
BARGNY : 2
PODOR : 3
RUFISQUE : 3
BAWOL : 1
JOLOF : 12
GANJOOL : 6
MAURITANIE 3
NJAAMBUR : 12
SAALUM : 7
DAKAR : 3
YOFF : 2
DIVERS : 7
Les succès enregistrés par Njaarnde firent très vite sa propre communication, à travers la Sénégambie et même au-delà.
Le Pr Ravane MBAYE évoque, en s’appuyant sur des sources valides parce que vérifiées, deux à trois promotions totalisant environ DEUX CENTS (200) érudits. Au chapitre qu’il consacre à Njaarnde dans son ouvrage de référence, il aligne une liste non exhaustive de quatre-vingt-dix-neuf (99) personnes avec leur identification, leur trajectoire d’initiation et leur spécialité toutes acquises auprès du seul maitre. Le chercheur tijaan Alassane THIAM a consacré nombre d’études sur la constitution des listes des différentes promotions de Njaarnde.
À la fois Recteur et directeur de laboratoire, dispensant aussi bien les cours magistraux que les travaux pratiques, Maodo excellait, tels les encyclopédistes des lumières, dans les différents domaines de
L’exégèse coranique (Tafsir)
Les sciences du Hadîis
La connaissance intime et la biographie du prophète (SIIRA)
Le droit islamique (Fiqh)
La philologie (langage)
La grammaire (nahwu)
La métrique (Al Urûd)
La mystique (Tassawuf)
L’orthoépie (AT TAJWIID)
La méthodologie juridique (ilm u sûl al fiqh)
La rhétorique (ilm al balâga)
La mystique de la Tijaniya
Cette frénésie pédagogique ne l’empêcha pas de mener parallèlement des activités de réflexion, de recherche et donc de production scientifique de référence. Sa bibliographie dans laquelle nous avons recensé, sans prétendre à l’exhaustivité, QUATRE VINGT TREIZE (93) titres, révèle des contributions de références en
Théologie
Droit islamique
Philosophie
Histoire
Critique littéraire
Linguistique
Grammaire
Métrique
Etc.
Tout cet engagement physique et intellectuel ne l’empêchait pas d’assurer lui-même le service du muezzin pour l’appel à la prière, de diriger toutes les prières de la journée et de présider les wazafi.
La renommée et le retentissement de NJAARNDE firent affluer des centaines de personnes qui commencèrent à attirer l’attention de l’administration coloniale.
L’évolution du contexte du Kajoor appelait alors des ajustements pour sécuriser l’œuvre déjà rayonnate du guide.
En effet, en 1897-1898, le KAJOOR est détaché de la tutelle de Saint Louis avec la création du cercle de Tiwaawan. La ville centre du Kajoor, sur laquelle officie le chef de canton Meissa Mbaye SALL, devient rapidement un centre important dans le dispositif d’exploitation coloniale avec, entre autres, l’inauguration de sa gare de chemin de fer en octobre 1897.
À l’occasion de cette manifestation, présidée par le gouverneur André LEBON, Tiwaawan est dénommée officiellement LEBONVILLE à l’image des Libreville, Brazzaville), en hommage au gouverneur (ANS 17G13). Cette décision ne prospéra pas.
À la même période fut achevée la construction de la résidence du commandant de cercle qui quitta THIES ou il séjournait depuis 10 ans pour venir s’installer à Tiwaawan.
Maodo jugea alors le moment venu de s’approcher de la voie ferrée pour mettre en œuvre et superviser et réguler efficacement la mission qu’il s’était assigné, en synergie avec ses muxaddam au Sénégal et en Sénégambie.
TIWAAWAN OU LE PÔLE DE DISSÉMINATION DU PROJET
En quittant Njaarnde pour s’installer définitivement à Tiwaawan en 1902, Seydi El Hadji Malick SY enclenchait concrètement le processus de mise en œuvre de son programme de résistance pacifique face aux contraintes internes et externes qui constituaient des entraves pour la progression de l’Islam au Sénégal. Il s’agissait pour lui, à partir une proximité excluant toute compromission, d’endiguer, en travaillant sur le même espace, les influences des tenants de l’administration coloniale que sont le commandant de cercle, le chef de subdivision et leur courroie de transmission, le chef de province, de canton ou de groupement. Ce faisant, il coupait l’herbe sous les pieds des autorités coloniales qui avaient commencé à soupçonner le sens de ses activités Njaarnde, site éloigné de leur contrôle et donc de leur influence.
MAODO demanda en 1901, une autorisation d’ouverture d’une école coranique à Tiwaawan qui lui fut accordée après une enquête de moralité.
Il ferma alors le séminaire de Njaarnde et se rapprocha de Tiwaawan pour procéder à la stratégie de dissémination, tout autant qu’à la coordination de son programme. Il avait auparavant disséminé, à travers le territoire de la colonie, des centaines de muqaddam, dans une perspective de décentralisation de son action. Par ailleurs, pour lui permettre d’assure la coordination de son action, Le chemin de fer lui permettait désormais de convoquer annuellement aussi bien ses fidèles que ses représentants à Tiwaawan à l’occasion du MAWLID, la seule manifestation qu’il laissa à la postérité.
Ainsi, devenu plus aisément accessible, il pouvait, depuis le centre de pilotage stratégique de Tiwaawan, coordonner son réseau de formation, d’éducation et de résistance culturelle, en même temps que la dissémination d’un Islam de tolérance au travers des enseignements et valeurs de la Tijaaniya.
La réussite de son œuvre est édifiante pour qui sait analyser le contexte difficile de sa réalisation. Mais c’était sans compter sur ses qualités de stratège qui sut, merveilleusement concevoir et déployer, ce que nous appelons aujourd’hui la « géostratégie malikienne de la muqaddamiya ».
Elle repose entre autres sur :
Une CONSTITUTION D’UN BOUCLIER d’érudits couvrant l’ensemble du territoire colonial et même hors du Sénégal ;
UNE DÉMARCHE DE TERRITORIALISATION de son influence par un système de réseautage consistant à circonscrire les effets du colonialisme par l’attractivité du Muxaddam de base ;
Une PERENNISATION DE L’ŒUVRE : à partir d’une approche de PROXIMITÉ, de SOLIDARITÉ et d’ÉVITEMENT de toute situation de tension susceptible de soulever des conflits capables de remettre en cause les acquis,
Un POSITIONNEMENT STRATÉGIQUE de la Tijaaniyya dans les centres urbains comme une approche d’INFILTRATION tactique du système colonial ;
Tel fut la partie visible par le profane du résultat de sept années de privations, d’isolement, de déficits matériels, endurés à Njaarnde pour impulser le rayonnement d’un Islam de pureté au Sénégal, en Afrique et dans le monde.
La personnalité de MAODO est le facteur essentiel de réussite de ce vaste projet qui nous vaut chaque année la cérémonie de célébration de la meilleure des nuits, celle de la naissance du Sceau des prophètes (PSL). Entre 1902 et 1922, sa démarche de qualité instaura à jamais un cycle de consolidation de l’Islam et de la Tijaaniyya. En vingt ans de coordination et de réguilation, il marqua à jamais le progrès de l’Islam au Sénégal et dans le monde.
Son héritage fécond incombe depuis 1922, aussi bien à ses dignes successeurs qu’à tous ses talibés qui se réclament de son autorité spirituelle et religieuse.Aussi, pour les talibés Tijaan de la HADRA de Seydi El Hadji Malick SY, chaque passage du 27 juin 1922, chaque célébration du MAWLID ne sauraient être une FIN, mais bien plutôt, un COMMENCEMENT pour rester fidèles aux enseignements de Maodo.
Il nous a indiqué le chemin, à partir d’une vie de dévotions et de devoirs qui a forgé pour la postérité, selon le Pr Iba Der THIAM une «Personnalité multidimensionnelle, aux facettes multiples, dont la richesse spirituelle, l’exemplarité comportementale, et le profil si attachant forcent l’admiration ; ce chevalier de l’islam, paladin de la foi, combattant d’une orthodoxie pure, dépouillée des scories de l’associationnisme, de l’obscurantisme et du fanatisme, incarne l’image rassurante, calme, sereine, paisible, responsable et ouverte d’une religion merveilleuse, capable, par son humanisme, sa tolérance, sa modération et son ouverture, d’apporter une contribution irremplaçable au dialogue des cultures et des civilisations, en ce millénaire nouveau, ou les enfants désunis de la Grande famille d’Abraham aspirent à se retrouver autour de leur héritage commun, celui d’un monothéisme absolu, au service de la soumission au Dieu Unique et à ses enseignements, de la paix, de l’amour, de la solidarité, de la justice et du respect mutuel » ((ID THIAM, préface,)
Je comprends, pour ma part, qu’on ne célèbre pas la mort d’un démiurge comme Maodo, encore moins la naissance du Sceau des prophètes comme des moments de festivités.
Ces moments sont en effet des occasions d’apprendre en permanence, de se ressourcer à travers les enseignements de l’un et la Sunna de l’autre.
Maodo apparait alors dans notre société comme un phare, qui comme ceux dédiés aux marins, dans les nuits de tempête, indiquent le chemin droit qui permet d’éviter les récifs.
Sa réussite fut sans conteste. Aussi nonobstant sa modestie légendaire, lui qui ne se glorifiait qu’en exaltant son créateur, a pu se surprendre à affirmer par l’écrit, pour une fois, pour que nul n’en ignore, en s’adressant à son créateur, ALLAH SWT :
« J’imposerai ta loi, Sans contrainte, ni violence, Sans mystification, ni culte personnel, Mais dans la paix et la concorde, Dans la transparence et l’humilité » Seydi Elhadj Malick
Pr Mbaye THIAM
Archiviste et historien
EBAD-UCAD
Membre de la commission scientifique de la CEZAT


