Le géant américain du numérique Meta a été convoqué, le mercredi 12 août, devant le tribunal fédéral d’Oakland, en Californie, dans un procès majeur consacré à la protection des mineurs sur Facebook et Instagram. À l’origine de la procédure, les États de la Californie, du Colorado, du Kentucky et du New Jersey. Ils agissent au nom d’une coalition de 29 États américains qui accusent le groupe de Mark Zuckerberg d’avoir délibérément conçu Facebook et Instagram pour favoriser une utilisation compulsive chez les adolescents ; violant ainsi les lois de protection des consommateurs et la législation fédérale protégeant les données des enfants.Les plaignants dénoncent le défilement infini, la lecture automatique des vidéos, les notifications, les recommandations personnalisées ou encore de système de « likes ». Selon les procureurs, ces fonctionnalités ont été pensées pour maintenir les jeunes le plus longtemps possible sur les plateformes, afin notamment d’augmenter leur exposition à la publicité. L’accusation s’appuie également sur les révélations de Frances Haugen, ancienne employée de Facebook devenue lanceuse d’alerte en 2021. Elle avait fait « fuiter » des milliers de documents internes, les « Facebook Files », montrant notamment que l’entreprise était bien au courant des dégâts et des risques de ses réseaux sociaux sur la santé mentale des adolescents tout en niant cette réalité en public.
La procédure intervient alors que Meta fait déjà face à de nombreuses plaintes de familles, de collectivités et d’établissements scolaires. En 2025, Meta a été condamné au Nouveau-Mexique et en Californie. Loin d’être une simple formalité, ce nouveau procès est pris au sérieux par la multinationale. Le groupe de Menlo Park conteste fermement ces accusations. L’entreprise affirme avoir renforcé ses dispositifs de protection des mineurs et soutient que l’usage problématique des réseaux sociaux ne peut être assimilé à une addiction médicale. Elle estime également que la santé mentale des jeunes dépend de nombreux facteurs et ne saurait être imputée à une seule entreprise.
Après la sélection du jury, les débats doivent commencer le 18 août et durer environ six semaines. La sanction maximale théorique évoquée par les plaignants atteint 1 400 milliards de dollars, un montant proche de la capitalisation boursière de Meta ou encore le Pib de pays comme les Pays-Bas ou l’Arabie Saoudite, les 18e et 19e économies mondiales. Mais dans ce procès, l’enjeu dépasse largement ce montant. Les États réclament des changements dans le fonctionnement de Facebook et Instagram pour les utilisateurs mineurs.
Ailleurs en Chine, connue pour l’importance notoire des Batx (Baidu, Alibaba, Tencent, Xiaomi), la protection des enfants sur Internet est devenue un chantier majeur de la politique numérique. Beijing impose directement des règles aux plateformes, aux fabricants de smartphones et aux services numériques. Depuis 2025, un « mode mineur » permet notamment de basculer simultanément les applications d’un téléphone dans un environnement conçu pour les jeunes utilisateurs. Il prévoit des contenus adaptés à l’âge, des recommandations davantage contrôlées et des mécanismes destinés à limiter le temps passé en ligne. À partir du 1er mars 2026, les plateformes ont le devoir de mieux identifier et limiter les contenus susceptibles de nuire à la santé physique ou psychologique des mineurs. Ces contenus ne doivent notamment plus être mis en avant par les fils de recommandation, les recherches tendance ou les fenêtres promotionnelles. Il faut y ajouter aussi les obligations spécifiques appliquées aux plateformes comptant un très grand nombre de jeunes utilisateurs ou exerçant une influence importante sur eux.
En attendant, ici en Afrique, on subit l’influence des Gafam (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) et des Batx (Baidu, Alibaba, Tencent, Xiaomi).
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