Au lendemain de la Tabaski, célébrée le 28 mai 2026, habitants, bénévoles et acteurs communautaires ont investi les plages de Yoff pour débarrasser le littoral des déchets issus de la fête du sacrifice. Cette opération citoyenne permet de préserver un environnement durement éprouvé par ces rejets, notamment les peaux de moutons, cornes, viscères et ordures ménagères.
Dans le quartier de Yoff Dagoudane, dès les premières heures de la matinée du vendredi 29 mai 2026, des jeunes, munis de râteaux, brouettes, pelles et gants, ont pris d’assaut la plage. Les traces de la Tabaski, célébrée la veille, sont encore visibles. Des peaux de mouton jonchent le sable, tandis que des sachets plastiques et divers déchets sont dispersés le long du rivage. Sous l’effet des vagues, une partie de ces détritus sont emportés vers la mer.
Pour de nombreux habitants, il était important d’agir rapidement afin d’éviter que la situation ne se détériore davantage. « Chaque année, après la Tabaski, nous sommes confrontés au même problème. Si personne ne se mobilise, les déchets restent plusieurs jours sur la plage », explique Pathé Ndoye, un riverain. Sur plusieurs portions du littoral, particulièrement à Tonghor, Ndénatte et Dagoudane, des groupes de volontaires se relaient pour collecter les déchets accumulés après la fête. L’objectif est de rendre les plages à nouveau accessibles aux populations tout en limitant les risques de pollution marine.
Les membres du Club environnement de Yoff figurent parmi les plus actifs. Depuis plusieurs années, ils organisent régulièrement des opérations de nettoiement et de sensibilisation. Pour eux, la protection du littoral passe autant par les actions de nettoyage que par un changement durable des comportements. « Une peau de mouton abandonnée finit par se décomposer, mais les déchets plastiques restent dans l’environnement pendant de longues années. C’est pourquoi il faut agir rapidement après la Tabaski », explique Mamadou Laye Dièye, un membre dudit collectif.
Un littoral source de revenus À Yoff, la question environnementale est étroitement liée aux activités de pêche. Le littoral constitue une source de revenus essentielle pour des milliers de personnes qui vivent directement ou indirectement de l’exploitation des ressources halieutiques. Les pêcheurs observent avec inquiétude l’accumulation des déchets sur les plages et dans les eaux côtières.
Selon eux, la pollution du littoral menace progressivement un écosystème déjà soumis à de nombreuses pressions. « La mer est notre richesse. Nous devons la protéger parce qu’elle fait vivre des milliers de familles », rappelle un acteur du secteur de la pêche artisanale sous l’anonymat.
Malgré les opérations de nettoiement engagées au lendemain de la fête, plusieurs habitants estiment que le problème ne pourra être réglé durablement sans une meilleure gestion des déchets de Tabaski. Ils plaident ainsi pour un renforcement de la sensibilisation et une implication plus importante des populations dans la préservation du cadre de vie. Sur les plages de Yoff, les brouettes continuent de se remplir de peaux, de cornes et de détritus. Une mobilisation citoyenne qui témoigne de la volonté de nombreux habitants de préserver leur littoral et d’empêcher que la fête du sacrifice ne laisse derrière elle une longue traîne de pollution.
Babacar Gueye DIOP

