Au Kenya, pour la Saint-Valentin, l’amour ne se cueille plus au jardin. Il se retire au distributeur. La dernière mode consiste à offrir des bouquets d’argent, des roses sans pétales, mais avec des billets soigneusement pliés. Effet garanti. Le parfum est discret, le message limpide. Je t’aime et je paie comptant.
Le succès a été fulgurant. Les réseaux sociaux ont fleuri d’arrangements financiers, ronds, en cœur ou en éventail. Les fleuristes regardent passer la tempête en silence, tandis que les banques, elles, froncent le sourcil. La Banque centrale du Kenya a tranché. Les billets ne sont pas faits pour être noués, agrafés ou froissés au nom de Cupidon.
L’institution rappelle que ces pratiques abîment la monnaie et compliquent la vie des distributeurs automatiques, déjà assez nerveux comme ça. Les contrevenants risquent jusqu’à trois mois de prison ou une amende. De quoi refroidir les ardeurs les plus romantiques.
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