Sept mois sans clients. Même les moustiques avaient déserté l’hôtel. Face à ce désert économique, l’hôtelier ne consulta ni expert en marketing ni plombier pour vérifier si l’eau chaude fonctionnerait. Il choisit plus radical. Il appela le ciel. Ou plutôt son représentant autoproclamé sur Terre, D. Sarr, spécialiste du développement hôtelier toutes catégories. Le contrat était clair. Cinq cent mille francs CFA contre le retour des clients, de vrais, pas des esprits errants. Mais voilà que l’hôtelier, soudain redevenu rationnel, expliqua au tribunal n’avoir rien vu, rien senti, rien encaissé d’autre que sa propre crédibilité. Il parla d’escroquerie, de charlatanisme et sans doute d’un mauvais sort sur son portefeuille.
À la barre, D. Sarr plaida l’efficacité invisible. Le désenvoûtement, dit-il, est comme la météo. Quand il fait beau, c’est Dieu. Quand il pleut, c’est la météo. Le juge, prudent, observa que prouver un miracle est aussi délicat que prouver son absence. Résultat, relaxe générale. L’hôtel reste ouvert. Le marabout aussi. Quant au bon sens, il est porté disparu depuis sept mois au minimum.
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