Drôle d’époque. Alors que le pays entier s’inquiète de la prolifération de réseaux souterrains et de perversions organisées, un inconnu s’invite dans une salle de classe, traverse les rangées et distribue des billets de banque à des élèves. Le maître des lieux trouve cela… charitable et laisse faire. La vigilance a donc fondu plus vite qu’un glaçon au soleil dès qu’elle est enveloppée dans du papier-monnaie.
Certes, l’aumône est une vertu. Mais même la générosité a besoin d’adresse. On ne s’improvise pas bienfaiteur en terrain scolaire, encore moins en pleine effervescence sociale où chaque geste suspect alimente toutes les hypothèses. Le plus troublant n’est peut-être pas le cash, mais le silence admiratif qui l’accompagne.
Malheureusement, devant l’argent, beaucoup ne se posent plus de questions. Aucune prudence : silence, on encaisse.
Mais, à force de banaliser l’exceptionnel, on finit par trouver normal que l’école devienne un guichet et la solidarité, une opération promotionnelle.
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