Il faut croire que le désespoir est une drogue plus forte que le yamba. Voilà un brave commerçant de l’illégal, un entrepreneur de la fumette, qui, lassé par les aléas du marché noir et les caprices d’une clientèle toujours plus exigeante, décide de déposer son tablier… au commissariat. Oui, là même où l’on range les rêves en garde à vue. L’histoire a un parfum de déjà-vu.
On se souvient de cet autre philosophe sous stupéfiants, venu se livrer aux forces de l’ordre avec la sincérité d’un enfant pris la main dans le bocal à bonbons. Sobre, il criait à la séquestration. Ivre de chanvre, il plaidait coupable avec enthousiasme.
La vérité, manifestement, est soluble dans la fumée. La drogue, dit-on, altère le jugement. Elle transforme le fuyard en volontaire et le coupable en plaignant. Elle fait du commissariat un refuge et de la police une confidente. À ce stade, il ne s’agit plus de trafic, mais de littérature absurde. Et l’on se demande, au fond, si ce n’est pas la réalité elle-même qui a commencé à planer. sidy.diop@lesoleil.sn

