Au mois de ramadan, il existe une catégorie de croyantes dont la piété ne fait pas de bruit mais dont l’endurance force l’admiration. Elles se lèvent avant l’aube, souvent avant tout le monde, pour préparer le kheud, cette première bouffée de courage que nos organismes peu enclins à la privation accueillent comme une promesse de survie. Le jour venu, elles avancent à pas feutrés dans la fatigue, tout en continuant de faire tourner la maison.
Le jeûne est pour elles une double discipline. Elles s’abstiennent comme les autres, mais elles cuisinent pour tous. Elles goûtent sans goûter, elles surveillent sans céder, elles patientent sans se plaindre. Le soir, quand le ndoggou apparaît enfin sur la table, c’est souvent leur victoire silencieuse qui se partage en famille. Dans cette économie invisible du dévouement, elles cumulent les actions sans jamais spéculer sur la reconnaissance. Si une Bourse des valeurs religieuses existait, leur cote grimperait sans vaciller. Et pour une fois, la hausse serait garantie sans risque de chute.
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