«La résistance à l’oppression, c’est de ne pas confondre égalité et égalitarisme et vous transformer en Tutsi pour couper les Hutu sous prétexte qu’ils étaient plus grands », a lancé le député de l’Oise Frédéric Pierre-Vos, à l’Assemblée nationale française.
Il y a des mots qui, pourtant, devraient rester hors du vacarme parlementaire. Le génocide des Tutsi en fait partie. Le convoquer pour épicer un débat budgétaire n’est pas une maladresse, c’est une faute morale. La phrase a choqué parce qu’elle banalise l’absolu. Comparer une discussion fiscale à une extermination planifiée revient à dissoudre l’histoire dans la rhétorique. Pire encore, elle brouille les rôles, inverse victimes et bourreaux, comme l’a rappelé Hervé Berville, né au Rwanda et marqué à jamais par cette tragédie.
Ce n’est pas une querelle idéologique, c’est une blessure intime infligée en séance publique. Les condamnations ont été immédiates, justifiées, nécessaires. Les excuses, tardives, sonnent creux. Trente ans après le génocide, on découvre qu’il reste encore à expliquer qu’une machette n’est pas une métaphore et qu’un massacre n’est pas un argument. Quand la mémoire devient un accessoire de tribune, c’est la République elle-même qui perd le sens de la décence.
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