Au Palais de justice de Dakar, certains viennent chercher la justice. D’autres… le matériel. Ibrahima, lui, y vient tous les jours pour travailler. Technicien de surface, il connaît les lieux comme sa poche. Couloirs, bureaux, escaliers… et manifestement aussi les compresseurs de fontaine et de climatiseur.Un dimanche, profitant du calme dominical, il a décidé de transformer son lieu de travail en libre-service. Mauvais casting. Car voler dans un tribunal où l’on travaille déjà, c’est un peu comme tenter un braquage au commissariat en portant son badge.
Pris la main dans le compresseur par des gendarmes et des collègues soudain promus brigade anti-bricolage, Ibrahima a d’abord tenté la défense écologique. Il aurait simplement récupéré du matériel au point de collecte des déchets. Une sorte de recyclage citoyen.
Mais au tribunal, les versions recyclées passent rarement le contrôle qualité.
Verdict : six mois dont un ferme. Pour dire qu’on peut parfois contourner la loi, mais rarement dans le bâtiment où elle habite.
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