Le Safar a ce pouvoir singulier : il change le rythme des cœurs avant même de changer celui des rues. À mesure que le 18 approche, on sent monter une ferveur qui ne fait pas de bruit, mais qui se lit dans les regards, les dahiras, les récitals de khassaïdes et les gestes de solidarité.
Le Safar rappelle que la foi ne se proclame pas seulement, elle se vit. Elle s’exprime dans la préparation du Magal, dans le service rendu sans attendre de retour, dans les prières, dans les enseignements et dans cette joie discrète de cheminer ensemble vers Touba.
C’est un temps où la mémoire de l’exil de Cheikh Ahmadou Bamba devient une source d’espérance. L’épreuve n’y est pas célébrée pour la souffrance qu’elle représente, mais pour la victoire spirituelle qu’elle annonce. Et chaque année, le Safar nous enseigne qu’une foi sincère, portée par le travail, la patience et le partage, peut transformer les difficultés en lumière. salla.gueye@lesoleil.sn


