Dans l’arène sénégalaise, il arrive que les muscles s’effacent derrière les mystères. Un jour, Moussa Gningue, artisan de l’invisible auprès du redouté Tapha Guèye, reçut la visite du fils de ce dernier. Madiagne Guèye, poli et déterminé, formula une requête singulière. Il souhaitait que les enfants du préparateur mystique deviennent ses propres sorciers. Rien que cela. Le vieux compagnon des marabouts ne s’en offusqua pas.
Il convoqua sa progéniture et rappela que ses tournées spirituelles s’étaient toujours faites en famille. Comme une affaire de transmission, presque domestique. Mais l’histoire s’arrête là où commence la réalité du sable. Car l’héritage ne se décrète pas à coups d’incantations. Le fils du Tigre porte le nom, non les griffes. Ni le palmarès. Dans la lutte, la vraie, celle qui colle à la peau et brûle les épaules, la victoire ne tombe pas des gris-gris. Elle se forge dans l’endurance, dans l’étreinte, dans l’art du corps-à-corps. Le talent ne se prête pas. Il s’éprouve. Et parfois, il refuse obstinément de se transmettre.
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