Au Sénégal, l’année universitaire ressemble à un vieux « Ndiaga Ndiaye ». Elle démarre rarement à l’heure, s’arrête souvent n’importe où, et chacun accuse l’autre d’avoir tiré le frein à main.
Les étudiants protestent pour les bourses, les enseignants pour les charges, et le calendrier universitaire proteste d’exister. Quant aux masters, leur durée est devenue un concept scientifique révolutionnaire : l’élasticité temporelle. Officiellement un an, officieusement extensible comme un vieux caoutchouc de sandale, il s’étire, se détend, se rétracte parfois jusqu’à oublier à quoi il devait servir au départ.
Pendant ce temps, certains enseignants jonglent entre amphithéâtre public et cours privés, tels des super-héros de la craie, sauf que la mission principale reste parfois coincée dans une autre dimension temporelle.
Les étudiants, eux, accumulent des années « calendaires » aussi longues que des files d’attente devant les « restos ». Finalement, tout le monde a un peu raison, un peu tort, mais surtout beaucoup de retard. Si l’université veut éviter de redoubler éternellement, il faudra bien qu’un jour, tout ce petit monde accepte de monter dans le même car et, miracle, de (re) démarrer.
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