À Dakar, le multiservice n’a décidément plus rien de « multi ». On y vend du crédit, échange du mobile money et quelques accessoires, parfois de l’espoir… et trop souvent de la peur.
Ces petites boutiques de quartier, tenues majoritairement par des femmes, sont devenues le théâtre d’un nouveau sport national : l’agression express, avec excuse prête à l’emploi.
Dernier épisode en date à Yarakh. Ramatoulaye, jeune femme en situation de handicap, agressée sur son lieu de travail. Devant les enquêteurs, le mis en cause explique, très sérieusement, qu’il voulait s’emparer de la caisse pour rentrer chez lui après un entretien d’embauche comme chauffeur. Puis vient la formule magique, censée tout absoudre : « Je regrette ». Tristounet !
Cette affaire rappelle tragiquement celle de Fatou Kiné Gaye à Pikine Rue 10. Même décor, même scénario, mêmes vagues d’indignation sur les réseaux sociaux.
On les appelle pudiquement « les fous de la société ». Mais des « fous » qui ne délirent pas seuls, ils prospèrent dans un environnement où la violence se banalise et où l’excuse circule plus vite que la justice.
À ce rythme, le multiservice risque de fermer. Et la conscience collective avec.
salla.gueye@lesoleil.sn

