Il avait promis la victoire comme on promet le paradis, sans conditions générales ni service après vente. M. Sinayogo, marabout autoproclamé des réseaux sociaux, avait vu large, très large, jusqu’à 22 millions de francs Cfa récoltés à coups de likes, de bénédictions numériques et de certitudes mystiques. La Can 2025 devait être son chef-d’œuvre. Elle fut son contrôle fiscal spirituel.
Le principe était simple. Tu donnes, je prie, les Aigles gagnent. Une théologie du paiement immédiat, adaptée à l’ère du mobile money.
Malheureusement pour lui, le football a ce défaut majeur de ne pas toujours obéir aux marabouts, surtout quand le Sénégal décide de jouer sérieusement.
Élimination en quart de finale, retour brutal sur terre et révélation soudaine chez les donateurs que Dieu n’accepte pas toujours les reçus.
Arrêté pour escroquerie, il découvre qu’au Mali, le charlatanisme est puni par la loi, ce qui est une information que beaucoup auraient aimé connaître avant de cotiser. Ancien activiste politique devenu marabout en reconversion express, M. Sinayogo aura prouvé une chose. La prophétie est risquée, surtout quand elle dépend d’un ballon rond et de la défense sénégalaise.
sidy.diop@lesoleil.sn

