On croyait que le football se jouait sur une pelouse. Avec un ballon, des crampons, des cris, parfois quelques jurons. On découvre qu’il se pratique aussi derrière un bureau. Ordinateur ouvert, téléphone à portée de main, règlement bien plié dans un coin. Une sorte de football en télétravail. Sur le terrain, pourtant, l’histoire semblait claire. Le Sénégal avait joué, pressé, dominé. Le Maroc avait subi, reculé, puis perdu devant son public.
Rideau. Fin du match. Mais non. Deux mois plus tard, le match reprend. Pas sur la pelouse. Dans les bureaux. Des buts qui apparaissent dans les dossiers, des arbitres qui sifflent au téléphone, et un score qui se fabrique loin des tribunes. Le public découvre alors une victoire qui n’a jamais eu lieu. C’est une innovation. Le football administratif. Une discipline où l’on marque sans courir et où l’on gagne sans jouer. On appelle cela une victoire à la Pyrrhus. La différence est que Pyrrhus, lui, avait au moins combattu. Ici, même la bataille s’est faite à huis clos. Et au clavier.
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