Au Parti socialiste, il arrive que l’essentiel se joue dans les absences. Samedi, une réunion décisive du Secrétariat exécutif national, convoquée par la secrétaire générale elle-même, s’est ouverte sur un fauteuil vide. Les responsables étaient là, les dossiers aussi, les partisans de Serigne Mbaye Thiam en nombre et visiblement prêts. Mais la présidente manquait à l’appel.
Un deuil, dit-on, le troisième en une seule journée. L’argument impose le respect, mais il n’efface pas le malaise. La scène aurait pu prêter à la gravité feutrée des huis clos politiques. Elle a viré à l’embarras collectif. Faute de cheffe, on cherche une main pour tenir la barre. Aïda Sow, sollicitée, refuse par scrupule de légitimité. Abdoulaye Wilane tranche, la réunion est annulée. Rideau. Les réformes statutaires attendront. Le congrès extraordinaire aussi. Ce rendez-vous manqué n’est pas anodin. Il survient dans un parti déjà traversé par des lignes de fracture visibles et assumées. La forte mobilisation d’un camp, face à l’absence de l’arbitre attendu, ressemble à un révélateur. Au Ps, le temps n’est plus seulement à l’analyse des rapports, mais à la lecture des silences. Et parfois, l’absence parle plus fort que tous les discours.
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