Il y a des vocations tardives et d’autres précoces. Ndongo Ndiaye, lui, avait choisi une spécialité rare, guide spirituel des caisses d’hôpital et chirurgien de portefeuilles.
À Dalal Jam, il ne soignait pas les corps mais allégeait les âmes de leur argent, ce qui, reconnaissons-le, est une forme de thérapie radicale. Pendant des semaines, il a exercé son art dans les couloirs, cet espace sacré où la douleur humaine se mélange à la paperasse administrative.
Il s’y promenait en bon samaritain autoproclamé, sourire compris, compassion incluse, facture fictive offerte. Mais comme le rappelait La Fontaine, la fin finit toujours par arriver, même pour les escrocs organisés.
Le 11 janvier 2026, Ndongo s’attaque à une vieille dame analphabète, ce qui est courageux au sens pénal du terme. Pour parfaire la scène, il brandit une carte militaire plus suspecte qu’un billet de mille francs dans une urne électorale.
Elle flaire l’arnaque, reconnaît le visage, alerte la sécurité et met fin à la carrière hospitalière de l’intéressé. La fouille achève le tableau, cartes d’identité multiples, chanvre indien et imagination débordante.
En matière d’escroquerie hospitalière, la sortie est toujours plus rapide que l’entrée.
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