Au Sénégal, le « sukërú koór » avait le goût simple du sucre partagé. Un geste modeste, une main tendue. Aujourd’hui, il a pris des airs de salon du luxe. Le panier est devenu un catalogue. Riz, sucre, huile ? Trop banal. Place aux bazins flamboyants, aux bijoux étincelants et au fameux «panier khaliss» où les billets font la rupture avec le bon sens.
Dans certaines concessions, le Ramadan ressemble à un concours Lépine conjugal. Qui impressionnera le plus la belle-famille ? À défaut de foi XXL, on exhibe le ticket de caisse. La solidarité s’est muée en stratégie marketing du respect. On ne donne plus pour partager, on investit pour briller. Pendant ce temps, les commerces de survie prospèrent et le stress grimpe en flèche. Gare à celle qui oserait un panier “light” : critique garantie, moues synchronisées, diplomatie familiale sous tension.
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