Nous le rappelions souvent. Il n’y a pas d’alternative à la recherche. Car, dans le monde actuel, une chose est sûre : seule l’innovation, qui a propulsé des pays comme la Corée du Sud au rang des pays riches, peut favoriser un développement accéléré et harmonieux. C’est la voie que doit emprunter le Sénégal, en plus de la formation professionnelle, pour espérer se développer.
Faudrait-il le rappeler, l’innovation est au cœur du développement des États asiatiques comme la Chine, devenue une puissance inégalée en matière d’innovation. Dans ce domaine, la Chine ne semble plus avoir de limites. Elle a si accéléré la cadence qu’elle inquiète les pays occidentaux. Jadis, accusée de pays « copieur » ou d’exportateur de « faux produits », la Chine a fait de grands bonds en avant dans l’innovation.
C’est dans cette optique qu’il faut comprendre la mesure inédite – ce, après la mesure qui a consisté à supprimer certaines formations dans les universités – consistant à permettre à certains doctorants en ingénierie de valider leur diplôme grâce à un produit, un prototype ou une innovation technologique au lieu de rédiger une longue thèse académique. La mesure qui cible les filières techniques et stratégiques vise à stimuler l’industrie. Ce basculement, selon Netafrique, vers le « doctorat pratique » est le fruit d’une modification de la loi en janvier 2025, légalisant le dispositif qui couvait depuis 2010 sous le nom de « Engineers Plan ».
Et d’après les chiffres, plus de 20.000 étudiants sont inscrits dans ce cursus d’élite, répartis dans 60 universités de premier plan et connectés à plus de 100 entreprises partenaires. L’objectif ? Transformer les campus en laboratoires industriels géants où la recherche doit impérativement déboucher sur une solution matérielle immédiate. (Cf. https://netafrique.net du 16 juillet 2026). C’est pourquoi, d’après media24fr, l’Empire du Milieu parvient à construire des réacteurs nucléaires en 62 mois, dominant ainsi l’énergie nucléaire avec le réacteur Hualong One surnommé le HPR-1000 à l’international, champion mondial du nucléaire de 3e génération. Chaque unité peut produire de l’électricité pour au moins un million de personnes.
En fait, le pays est devenu le premier en matière d’innovation. En témoigne le nombre de brevets que l’Empire du Milieu dépose par an. À en croire Mathias Baccino, dirigeant de Fintech (Trade Republic, la première plateforme d’épargne en Europe) et pédagogue, en 2024, la Chine a déposé 1,8 million de brevets contre 500.000 pour les États-Unis, 400.000 pour le Japon, 50.000 pour la France qui est 7e. Mieux, poursuit Bccino, la Chine s’est dotée d’un nouveau plan de développement qui veut faire passer les industries numériques de 10,5 à 12,5 % du Pib d’ici à 2030 et surtout le pays veut maintenir ses dépenses de recherche et de développement à 7% du Pib, contre 2 % en France. Il a également 3 fois plus de Recherche-développement que la France. C’est dire qu’en termes d’innovation, la Chine est en train de dépasser très largement la plupart des pays occidentaux.
Ce que ces derniers considèrent comme une « menace considérable ». Surtout que l’Empire du Milieu, dans sa quête de construction du monde de demain, a décidé d’accélérer dans « 10 secteurs industriels que sont les semi-conducteurs, les robots humanoïdes, la science du vivant, les batteries de nouvelle génération, les fusées réutilisables, l’aéronautique, les drones, l’hydrogène vert, les interfaces cerveau machine et les équipements médicaux », dixit Baccino. Il a également listé « 6 industries du futur sur lesquelles il veut prendre le leadership : la quantique, la fusion nucléaire, la 6G, les interfaces cerveau machine, l’IA embarquée et le biomanufacturing, c’est-à-dire le fait de fabriquer tout simplement du vivant ».
En outre, la Chine souhaite faire « 8 percées technologiques : Supercalculateur et algorithme d’IA, l’ordinateur quantique, la fusion nucléaire, la biotech et le génome, le traitement des maladies, l’exploration polaire, marine et spatiale ainsi que les neurosciences ». En réalité, la Chine investit massivement dans plusieurs secteurs-clés que sont l’innovation, l’industrie, les infrastructures et les technologies du futur afin de vite rattraper son retard voire dépasser de loin ses concurrents.
daouda.mane@lesoleil.sn

