Le sujet paraît anodin, mais il est véritablement d’une importance capitale, tant de lui dépendent les performances de l’élève et de l’enseignant. Dans n’importe quel domaine ou milieu, peut-on avoir des résultats probants dans un climat délétère ? C’est d’ailleurs ce qui a poussé l’Ocde Pisa à mener une enquête dans près de 80 pays sur la question.
Selon l’Organisation de coopération et développement économiques (Ocde), le climat pèse sur les performances académiques des élèves. Un constat qu’il dit partager à la fois avec les enseignants et les parents. L’immense majorité des parents d’élèves et des enseignants estiment que l’indiscipline en classe est la cause de la baisse du niveau scolaire, car elle empêche une transmission efficace des savoirs, lit-on dans le document. L’étude montre qu’en France, le climat en classe est particulièrement perturbé. Le pays a l’un des systèmes éducatifs les plus bruyants et agités. D’ailleurs, selon l’étude, la France est le « 3e pire pays au monde en matière d’indiscipline en classe ». (Cf. Ocde Pisa, enquête Hexagone/OpinionWay sur le climat en classe, octobre 2025).
Pour mener son étude, l’Ocde s’est basée sur divers critères : l’indiscipline, le bruit et le désordre sont pointés comme des freins majeurs aux apprentissages. Le tumulte en classe est si prégnant que « près de 16,5% des élèves de 15 ans déclarent qu’ils ne peuvent pas travailler correctement dans la plupart ou la totalité de leurs leçons », note le document. Alors que des pays comme le Japon ou Singapour bénéficient d’un climat nettement plus serein. Ce qui explique d’ailleurs les performances de leurs systèmes éducatifs. Ce qui est valable pour la France, l’est aujourd’hui pour le Sénégal au regard aux nombreuses dérives constatées dans nos établissements scolaires.
Si dans nos écoles, les élèves n’hésitent pas à se dénuder lors des manifestations des Foyers scolaires (Fosco), à agresser leurs enseignants, à user des produits prohibés comme l’alcool, la drogue, à utiliser le téléphone au point de pousser le ministère à réguler son usage dans les établissements scolaires…, on peut aisément se demander quelle est l’attitude de ces potaches dans les salles de classe. L’intrusion du téléphone portable dans notre vie et à l’école est certainement le plus grand péril auquel fait face autorités éducatives et parents d’élèves. Sûr que si une étude sérieuse est menée sur la question dans notre pays, le résultat sera comme celui de la France voire plus.
Tout le monde est d’avis que l’utilisation de produits psychotropes a des effets qui peuvent entraîner des comportements répréhensifs de la part des utilisateurs, surtout s’ils sont jeunes. En autres, des problèmes de santé (addiction), l’échec ou l’abandon à l’école et donc un avenir compromis de l’élève et un espoir perdu pour les parents qui ont consenti d’énormes efforts et sacrifices pour l’enfant. La tenue d’une classe par l’enseignant et le comportement de l’élève dans l’école et la classe doivent faire l’objet de vraies études scientifiques par nos structures comme l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd) le Laboratoire de recherche sur les transformations économiques et sociales (Lartes) de l’Ifan/Ucad, le Consortium pour la recherche économique et sociale (Cres) dont la notoriété ne fait l’objet d’aucun doute.
Car, comme le fait remarquer l’Ocde, le climat disciplinaire est un élément important pour l’efficacité du temps d’enseignement et d’apprentissage. L’école ne peut se limiter à instruire, c’est-à-dire fait connaître les savoirs. Elle a pour principale mission d’éduquer. Autrement dit, faire connaître et aimer les savoirs ainsi que les valeurs pouvant assurer une bonne organisation sociale et une promotion d’un idéal de vie. Bref, elle doit socialiser l’élève. (Cf. Papa Abdoul Fall : Crise des valeurs et éducation, Revue Akofena, 2022 : https://www.revue-akofena.com).
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