Thiès a finalement réussi son pari. Celui d’avoir organisé avec brio la fête du 4 avril 2026. Tout ou presque a été au rendez-vous. Militaires et paramilitaires ont impeccablement battu le macadam devant une pléthore de personnalités dont le chef de l’État, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, qui avait, à ses côtés, son homologue gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema. Tous les Sénégalais se sont sentis fiers de voir l’armée s’illustrer avec autant de rigueur et de professionnalisme. Sur terre, air et mer, nos soldats ont fait montre de leur savoir-faire. Ensuite, le défilé civil a su montrer tout ce que Thiès avait comme richesses. Au plan éducatif, les différentes écoles comme l’École polytechnique (Ept), l’École nationale des officiers de l’active (Enoa), l’École nationale supérieure de l’agriculture (Ensa) ont paradé devant une foule nombreuse.
Les artistes de la cité du Rail n’étaient pas en reste. Vêtus de leurs plus beaux costumes, ils nous ont fait revivre l’épopée du royaume du Cayor, terre de bravoure et de résistance. Cette symbiose entre les armées sénégalaises et les citoyens a donné au défilé de cette année un goût particulier, faisant même oublier qu’on avait quitté l’Avenue Mamadou Dia de Dakar pour s’installer dans la capitale du rail.Au-delà de l’organisation, cette délocalisation de la fête du 4 avril a permis de faire de Thiès la capitale du Sénégal, des semaines durant. Tous les chemins y menaient. L’ensemble des services de l’État s’y sont rendus pour donner un coup de main aux autorités locales, afin que la fête soit réussie. Les maires et principalement celui de la Ville, Babacar Diop, en ont profité pour faire des plateaux de télévision. Les grands médias nationaux ont dépêché des journalistes et techniciens afin de faire des séries de reportages dans la région. Enfin, tout le monde a vu le changement du cadre de vie de la cité du rail, avec des avenues propres et bien éclairées. Les routes et ruelles décorées aux couleurs vert, jaune et rouge.
Au-delà du symbole, cette délocalisation de la fête de l’indépendance a été une aubaine et une belle occasion pour les Thiessois de travailler ensemble, de donner un nouveau visage à leur ville et de retrouver une certaine fierté. Après cette prouesse, plusieurs régions du pays se sont positionnées pour abriter le prochain défilé délocalisé. Mais il semble que Saint-Louis est, aujourd’hui, assez préparée pour accueillir le prochain défilé décentralisé du 4 avril. D’ailleurs, le maire Mansour Faye a fait la demande publiquement aux autorités étatiques. Le premier magistrat de la ville tricentenaire veut bien profiter de ce coup de pub dont Thiès a bénéficié plusieurs semaines durant. Cette ville du Nord a d’ailleurs des atouts à faire valoir. Notamment par son histoire, en tant qu’ancienne capitale du Sénégal, son environnement accueillant et ses différents sites touristiques.
Car Saint-Louis, c’est le fleuve, son pont légendaire reliant les deux parties de la ville et différentes réserves naturelles dont celle de Geumbeul. Au plan éducatif, la cité de Mame Coumba Bang, c’est aussi l’Université Gaston Berger, le lycée Ameth Fall, le Prytanée militaire, etc. La ville est un creuset culturel habitué à l’organisation des grands évènements tels que le Festival international de Jazz et plusieurs autres manifestations littéraires et forums de haut niveau. Y organiser la fête de l’indépendance ne serait que bénéfique pour l’ensemble des Saint-Louisiens. Cela symboliserait un retour à l’ancienne capitale de l’Afrique occidentale française. Qui ne souhaite contempler le défilé des Signares ?
maguette.ndong@lesoleil.sn


