Dans un contexte où les ressources sont de plus en plus rares, plusieurs options sont explorées pour relever le défi du financement. L’une d’elles mène a la titrisation.
La définition classique assimile la titrisation à une technique financière utilisée surtout par les banques et qui consiste à transformer des créances en produits financiers. Une créance, c’est une somme d’argent qu’on doit à quelqu’un. Par exemple : un crédit bancaire.
En d’autres termes, une banque accorde des prêts à des ménages ou à des entreprises. Ces prêts seront remboursés sur plusieurs années. Mais, plutôt que d’attendre longtemps pour récupérer son argent, la banque peut regrouper ces crédits et les transformer en titres financiers qu’elle vend à des investisseurs. Il s’agit de la titrisation.
Avec cette approche, les emprunteurs continuent de rembourser normalement leurs prêts, mais l’argent versé va désormais aux investisseurs qui ont acheté ces titres. De son côté, la banque récupère immédiatement des liquidités ; ce qui lui permet d’accorder de nouveaux crédits et de soutenir l’activité économique.
Avec cette approche, la titrisation facilite le financement de l’économie, améliore la circulation de l’argent et permet aux banques de mieux gérer leurs ressources.
Aujourd’hui, même si c’est de manière timide, des entreprises commencent petit à petit à en saisir les opportunités. C’est le cas de la Senelec qui a récemment lancé une opération de titrisation d’un montant de 120 milliards de FCfa. Cette enveloppe va aider à financer le renforcement de l’accès universel à l’électricité.
La Sonatel, de son côté, a également levé près de 75 milliards de FCfa.
D’après Mouhamadou Moustapha Faye, directeur général de Kf Titrisation, bien que sous-exploitée, la titrisation peut apporter une solution concrète aux enjeux de financement actuels.
Dans un pays comme le Sénégal, où la dette a atteint des proportions inédites, l’expert estime que « la titrisation peut être utilisée pour obtenir des ressources additionnelles et continuer le développement dans une situation de saturation de la dette ».
Toutefois, la titrisation n’est pas sans risques. En effet, si les emprunteurs ne remboursent plus leurs crédits, la valeur des titres titrisés chute. Les pertes peuvent alors se propager rapidement d’une banque à une autre, voire d’un pays à un autre, comme cela s’est produit lors de la crise financière mondiale de 2008.
Elle peut aussi affaiblir la confiance dans le système bancaire. Lorsque les risques sont mal maîtrisés, les investisseurs et les épargnants deviennent méfiants ; ce qui peut provoquer une baisse des investissements et ralentir l’économie.
Le potentiel est important. La demande aussi. Mais, dans la zone Uemoa, le potentiel est loin d’être exploité.
Entre un cadre réglementaire à mettre à jour, une vulgarisation à améliorer, la titrisation a encore du chemin à faire.
Même si les premières transactions n’ont démarré qu’en 2015, la vingtaine d’opérations réalisées jusqu’ici porte l’enveloppe à près de 2000 milliards de FCfa.
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