Ça bouge dans les territoires. Députés, maires, conseillers municipaux ou simplement élus locaux sont descendus à la base. Tous les événements sont bons pour assister ou marquer sa présence et montrer à la communauté que nous sommes là pour écouter, aider et traduire en actes certaines promesses tenues il y a des lustres.
Certains élus, qui étaient devenus injoignables, et d’autres qui avaient tout bonnement disparu, sont subitement redevenus proches des populations. La raison est simple : les élections territoriales sont prévues dans exactement un an.
D’ailleurs, ces derniers jours, on a vu beaucoup de maires descendre sur le terrain et procéder à des inaugurations. Soit un poste de santé, une maternité ou encore de nouvelles salles de classe dans l’une des écoles de la commune.
D’autres organisent des séries de rencontres avec les jeunes, les groupements de femmes ou encore rendent visite aux différents délégués de quartier. Ces rencontres sont toujours des moments, pour les maires et autres élus locaux, de jauger leur popularité et de rectifier, au besoin, certains errements dans leur gestion.
Seulement, sur le terrain, entre les maires sortants et certains de leurs adversaires, chacun essaie de gagner le cœur des leaders d’opinion, à savoir les imams, les Badienou Gox ou encore les chefs de quartier. Car ce sont eux les relais qui pourraient amener les autres à adhérer aux promesses déclinées par-ci par-là.
C’est dire que la campagne des municipales a commencé avant même l’heure. Si l’élection présidentielle reste très importante pour l’ensemble des hommes politiques, les municipales peuvent être considérées comme un test grandeur nature pour l’ensemble des acteurs, aussi bien politiques que de la société civile, ou encore pour les simples citoyens qui veulent y prendre part.
Car, une fois maire dans sa localité, l’homme politique a toujours tendance à gravir les échelons d’année en année. Ce n’est pas pour rien que les maires des grandes villes comme Paris, New York ou Londres aspirent souvent à briguer le suffrage universel de leur pays.
Jacques Chirac fut maire de Paris avant d’être président de la République française. Boris Johnson a été maire de Londres avant d’être Premier ministre de Grande-Bretagne. Ici, au Sénégal, Senghor et Macky Sall furent respectivement maires de Thiès et de Fatick avant d’être présidents.
L’ancien maire de Dakar, Khalifa Sall, a tenté le coup sans y parvenir. C’est dire que le maire se croit investi d’une légitimité à voir plus haut et plus grand en politique.
Il faut toutefois préciser que participer à une élection et la gagner est une chose, mais traduire en actes ses promesses en est une autre. Il faut être proche des populations, être à leur écoute et résoudre leurs problèmes.
Car, au terme du mandat, ces mêmes populations jugeront de la nécessité de vous renouveler leur confiance ou non. À l’heure où le suffrage direct est appliqué par la loi électorale, le pouvoir de choisir un maire n’est plus l’apanage des conseillers municipaux, comme cela se faisait auparavant.
Ce sont les populations qui choisissent en toute connaissance de cause. Les hommes politiques intelligents tâtent toujours le pouls de cette base. Ils ne feront jamais des descentes inopinées, comme c’est le cas en ce moment.
maguette.ndong@lesoleil.sn

