Depuis son retour à la Maison-Blanche, il y a à peine un an, une année qui semble déjà une éternité pour les épris de paix, Donald Trump, 47e président des États-Unis d’Amérique, gouverne comme on provoque : sans retenue, sans scrupule, sans conscience des équilibres fragiles du monde. Son second mandat n’est pas une continuité politique, mais une escalade.
Une fuite en avant où la force prime sur le droit et la menace sur la raison. Dès ses premiers jours, il retire une nouvelle fois les États-Unis de l’Accord de Paris sur le climat. Un geste lourd de sens, presque criminel à l’échelle de la planète. Alors que la science alerte et que les catastrophes climatiques se multiplient, Trump s’érige en climatoseptique en chef, balayant d’un revers de main des décennies de consensus scientifique. Pour lui, protéger la planète serait un frein au business. Le profit d’abord, l’humanité ensuite. Puis viennent les coups portés au multilatéralisme.
Retrait de l’UNESCO, menaces contre l’OMS, mépris affiché pour les organisations internationales. Tout ce qui limite son pouvoir personnel est considéré comme inutile ou hostile. Trump ne veut ni règles ni arbitres. Il veut un monde à son image : brutal, déséquilibré, soumis. Sur le terrain économique, il déclenche une guerre commerciale tous azimuts. Droits de douane de 10 à 50 %, même contre des alliés historiques européens. Le commerce mondial vacille au rythme de ses annonces, corrigées ou maintenues selon l’humeur et les « deals » du moment.
L’économie devient un instrument de chantage permanent. À l’intérieur, sa politique migratoire vire à la chasse à l’homme. Des milliers de migrants, parfois installés depuis des décennies, sont arrêtés, expulsés, humiliés. Certains sont envoyés à Guantanamo, symbole mondial de l’arbitraire et de la négation des droits humains. Être migrant suffit désormais à devenir suspect.
À l’extérieur, la tension devient doctrine. Menaces répétées contre l’Iran, frappes ciblées, diplomatie de la peur. Puis vient l’épisode le plus sidérant. Le 3 janvier 2026, alors que le monde s’échange encore des vœux, Trump annonce l’arrestation du président vénézuélien Nicolás Maduro, capturé et transféré aux États-Unis pour y être jugé pour « narcoterrorisme ». Un chef d’État en exercice traité comme un criminel ordinaire, sans mandat international, sans décision d’instance reconnue.
Un précédent d’une gravité extrême. Car si un président peut en arrêter un autre par simple volonté, alors plus aucun État n’est souverain. Le droit international s’effondre, remplacé par la loi du plus fort. Et comme si cela ne suffisait pas, Trump menace désormais de s’emparer du Groenland de gré ou de force, promettant sanctions et représailles à ceux qui s’y opposeraient. La planète devient une carte à redessiner selon ses caprices.
Trump abuse du pouvoir, comme tous ceux qui en disposent sans limites. Mais à ce niveau, l’abus devient un danger mondial. Son arrogance n’est plus seulement américaine, elle est systémique. Elle ouvre la voie à un monde où la force remplace la règle et où le précédent justifie l’inacceptable. La vraie question n’est donc plus qui pour arrêter Trump, mais qui pour sauver l’humanité d’elle-même.
Par Abu Oumar

