«L’émancipation des femmes a contribué à la détérioration de la structure familiale ». Ce leitmotiv est souvent au cœur des débats à l’échelle mondiale. Pourtant, elles sont de plus en plus nombreuses à démontrer que cette thèse est loin d’être fondée.Dans l’ouvrage de Sheryl Sandberg, « En avant toutes : les femmes, le travail et le pouvoir », Christine Lagarde, ancienne directrice générale du Fmi et première femme à occuper ce poste, met en lumière, dans sa préface, les défis communs à plusieurs femmes dans le monde entier et la nécessité pour elles « d’oser la différence ».
Elle les exhorte à réfléchir ensemble aux voies et moyens permettant de changer la vie des femmes de tous horizons et d’envisager différentes perspectives en assumant leur authenticité.
Si la diversité apporte, à ses yeux, un regard différent sur le monde et des solutions nouvelles, elle évoque des contraintes qui plombent souvent la percée des femmes. Mais, comme d’autres, elle a su les transformer en belles opportunités de réussite.
Christine Lagarde, comme beaucoup d’autres, a rencontré des obstacles, mais elle a su assumer ses choix. Un exemple marquant est cité dans l’ouvrage de Sheryl Sandberg, alors, directrice des opérations et numéro deux de Facebook. Celle-ci figure parmi les personnalités les plus influentes au monde selon le magazine Time.
« Comme Sheryl, à la naissance de mes fils, alors que j’étais encore jeune associée, j’ai modifié mes horaires en ne travaillant plus le mercredi après-midi. J’ai connu le cynisme et le scepticisme de certains associés de mon cabinet d’avocats. Si cela était important pour moi et mes fils, il était encore plus important que les autres avocates constatent qu’elles aussi pouvaient en faire autant », écrit Mme Lagarde.
Elle révèle également cette possibilité de se soutenir mutuellement afin de briser le plafond de verre, fût-il institutionnel.
La préfacière en appelle à la solidarité féminine, à la sororité et à la synergie d’actions, rappelant également que le mentorat de femmes plus expérimentées a constitué une véritable valeur ajoutée dans sa vie. Cela a facilité sa promotion professionnelle. « Ma mère puis ma première patronne ont exercé sur moi une grande influence. Elles m’ont montré combien une femme confiante pouvait être forte et oser être exigeante », confie Christine Lagarde.
En racontant cette anecdote, l’ancienne directrice du Fmi souligne l’importance de bousculer certaines habitudes dans le monde du travail tout en préservant les spécificités liées à la condition féminine. « Elles ne doivent pas craindre de se comporter différemment. Notre objectif doit être de créer un environnement où elles sont respectées, appréciées et estimées en raison de l’originalité de leurs choix, et ce, en toute sécurité », explique la préfacière. Elle ajoute : « Chacun suit son chemin dans la vie, mais tous ces chemins doivent avoir en commun le respect de la liberté de choix ».
En effet, ce sujet, qui reste encore d’actualité, met en exergue les réalités vécues par les femmes dans différentes régions du monde. Elles misent de plus en plus sur leur potentiel de croissance tout en plaidant pour un rééquilibrage des rôles traditionnellement attribués aux deux sexes dans la société.
Elles encouragent également d’autres femmes à tendre la perche à leurs sœurs afin d’exploiter pleinement leur potentiel et d’analyser autrement les dynamiques de pouvoir.
Dans plusieurs passages du livre, l’auteure, Sheryl Sandberg, montre, à travers des anecdotes personnelles, comment certaines femmes se mettent en retrait après une maternité. Elles finissent par verser dans l’auto-effacement, ce qui freine leur progression professionnelle, surtout à leur retour de congé de maternité.
« De retour au travail après la naissance de son enfant, elle risque de ne pas s’épanouir, de s’estimer sous-employée ou de ne pas être appréciée à sa juste valeur. Elle se demandera peut-être pourquoi elle travaille pour quelqu’un, souvent un homme, ayant moins d’ancienneté qu’elle », évoque Mme Sandberg. Dans ce sillage, l’écrivaine du best-seller estime qu’au-delà de la solidarité féminine, « le choix du partenaire de vie est la décision de carrière la plus importante pour une femme. »
Comme quoi, l’évolution d’une société est aussi tributaire de l’état d’esprit de ses différents membres, qui doivent se faire à l’idée que la charge mentale doit être répartie de manière plus équitable.
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