Et si le plus grand obstacle à la lutte contre le réchauffement climatique n’était pas l’absence de solutions, mais l’excès de mensonges ?En 2025, le débat climatique en France a été sérieusement fragilisé par la désinformation. Selon l’Observatoire des médias sur l’écologie, 665 fausses informations liées au climat ont été diffusées dans les médias audiovisuels en une seule année. Cela représente en moyenne 13 contrevérités par semaine dans les médias traditionnels. Un chiffre qui relève d’un phénomène structurel qui affaiblit la qualité du débat public.
Dans cette dynamique, certaines figures politiques internationales jouent un rôle d’amplificateur. Lorsque des responsables comme Donald Trump multiplient les déclarations minimisant le dérèglement climatique ou contestant les politiques environnementales, leurs propos traversent les frontières et nourrissent des discours similaires ailleurs. Le climato-scepticisme devient alors un narratif mondialisé, porté par des logiques idéologiques plus que scientifiques.
Les thèmes sont désormais bien identifiés : inefficacité supposée des énergies renouvelables, banalisation des impacts des véhicules thermiques, prétendue absence de consensus scientifique… Ces arguments, pourtant largement réfutés, continuent d’être relayés, parfois sans contradiction solide sur certains plateaux.
La Déclaration de Belém, adoptée lors de la COP 30 au Brésil, a d’ailleurs mis en lumière l’intrigue de l’information climatique qui compromet l’action collective. Elle appelle les États, les médias et les plateformes numériques à défendre l’intégrité de l’information environnementale. Autrement dit, la bataille climatique est aussi une bataille médiatique.
Mais au-delà des constats, l’heure est à l’action. Il devient urgent de mettre en place des stratégies robustes de lutte contre la désinformation climatique. Cela passe par des formations approfondies des journalistes aux données scientifiques, le renforcement des cellules de fact-checking, la responsabilisation des plateformes numériques, l’éducation aux médias.
Au Sénégal, l’enjeu est tout aussi crucial. Pays sahélien exposé à l’érosion côtière, aux inondations et aux perturbations pluviométriques, il ne peut se permettre un débat public brouillé. À l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie, des responsables comme Aïda Diongue Niang, directrice de la météorologie, portent des idées fortes pour améliorer la diffusion de l’information climatique et renforcer l’alerte précoce.
Mais, les projets structurés pour soutenir les acteurs de la communication sur ces questions existent. Faute de moyens, ils ont été rangés dans les tiroirs. Soutenir ces initiatives, accompagner les journalistes, financer des programmes spécialisés et créer des passerelles durables entre scientifiques et médias ne relève pas d’un luxe institutionnel. C’est une véritable œuvre de lutte contre le changement climatique.
Car sans information fiable, accessible et contextualisée, les politiques publiques peinent à mobiliser, et les citoyens à adhérer. La désinformation climatique fragilise la démocratie, ralentit l’action publique et sape la confiance collective. Défendre la vérité scientifique, structurer une riposte médiatique solide et investir dans l’intelligence de l’information sont désormais des impératifs. Protéger le climat, c’est aussi protéger le droit des peuples à une information juste.
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