Balla Gaye 2 n’a rien d’un héritier protégé. Son parcours s’est construit dans l’ombre, entre un atelier de mécanique, les «mbapatt» de quartier et des sacrifices constants. Bien avant d’atteindre les sommets, Omar Sakho a appris à se forger un mental d’acier. En 2002, il rejoint l’école de lutte fondée par Balla Gaye 1. Désireux de marcher sur les pas de son père, Double Less, il souhaite d’abord porter le nom de « Double Less 2 ». Une idée finalement rejetée, le poussant à choisir le pseudonyme de Balla Gaye 2, en référence à son formateur.
Les « mbapatt » deviennent alors son laboratoire. Il les considère comme de véritables séances d’entraînement, sillonnant les tournois nocturnes aux côtés de son coach, le regretté « Baye Balla ». Très vite, il impose sa domination. Mais une défaite face à Mitrailleuse lors des « 72 heures de Mbaye Guèye », à Fass Mbao, le marque profondément. Touché dans son orgueil, il prend sa revanche avec art, lors d’un autre tournoi organisé par Birahim Ndiaye aux Parcelles, éliminant au passage plusieurs lutteurs de renom comme Dolf. Un épisode fondateur dans la construction de son mental.
Le 2 janvier 2005, il réussit ses débuts en lutte avec frappe en battant Samba Laobé. Le « Lion » est lancé. Les victoires s’enchaînent : Dame Kandji, Papa Sow, Boulon, Mame Goor Diouf ou encore Saloum Saloum tombent successivement. Sa première défaite contre Issa Pouye, en mars 2006, agit comme un électrochoc. Il rebondit rapidement, enchaînant les succès et s’imposant dans le Championnat de lutte avec frappe (Claf) en 2008. Il domine tour à tour Coly Faye, Ousmane Diop, prend sa revanche sur Issa Pouye et confirme face à Mbaye Diouf. Son ascension se poursuit contre les ténors : victoire sur Tyson Jr, Tapha Guèye, malgré une défaite surprise face à Eumeu Sène. Mais c’est en 2012 que tout bascule. Il réalise l’exploit en terrassant Yékini le 22 avril 2012. À seulement 26 ans, il devient Roi des arènes. Un sacre qu’il attribue autant à la bénédiction parentale qu’à un travail acharné: entraînements quotidiens, sacrifices et discipline extrême. Après ce sommet, sa carrière connaît des turbulences. Malgré une victoire sur Tapha Tine en 2013, il enchaîne deux revers contre Bombardier en 2014 et Eumeu Sène en 2015. Éloigné des arènes pendant deux ans, il revient plus déterminé que jamais, dominant Gris Bordeaux en 2018 puis Modou Lô en 2019. Sa génération regorgeait pourtant de talents : Sa Cadior 2, Tapha Tine, Feugueuleu Tidiane Faye ou encore Ngonde Mbaye. Mais peu ont su maintenir une trajectoire aussi constante. Sa réussite repose sur un mélange rare d’abnégation, de discipline et de talent.
Au final, Balla Gaye 2 s’est imposé comme le leader de sa génération. «Grâce à mon travail et à mon talent, j’ai réussi à faire la différence», confie-t-il. Une trajectoire exceptionnelle qui confirme qu’au-delà de l’héritage, c’est le mérite qui construit les véritables légendes.
Par Abdoulaye DEMBÉLÉ
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