Né dans l’ombre d’une dynastie mythique de l’arène sénégalaise, Élou Fils de Falaye avance à pas mesurés, porté par l’héritage de Double Less, mais animé par une ambition claire : marcher sur les traces de ses aînés et, un jour, devenir Roi des arènes.
Au commencement, il se faisait appeler Sa Thiès 3. Un pseudonyme de circonstance, presque anecdotique, avant que son identité ne prenne une autre dimension. Sur les conseils d’un ami d’enfance, il adopte finalement le nom d’Élou Fils de Falaye, en référence aux liens de parenté entre Falaye Baldé et son père, Double Less. Le choix est immédiat, instinctif, comme une évidence. El Hadji Sakho, de son vrai nom, est né à Thiès, en 1993, auprès de sa mère, avant de rejoindre en 2006 la maison paternelle à Keur Massar. C’est là, dans cet environnement chargé d’histoire et d’exigence, qu’il forge ses premières armes en lutte, encore plongé dans les «mbapatt» de quartier, là où se construisent les lutteurs.
Sa carrière en lutte avec frappe débute en 2017 à Keur Massar. Pour son premier combat, il s’impose face à Aliou Pouye, une confrontation organisée par Mounirou Ndiaye. Une entrée réussie, d’autant plus marquante qu’elle se déroule sous les projecteurs de la Tfm. Mais le chemin est loin d’être linéaire. Opposé ensuite à Jean, lors d’un lever de rideau organisé par Luc Nicolaï, en marge du duel entre Reug Reug et Gris 2 (15 juin 2019), il trébuche. Les combats s’enchaînent, entre promesses et frustrations. Face à Vite Fait, fils de l’ancien lutteur Serigne Ndiaye, il livre un duel d’héritiers qui se solde par un nul. Même issue contre Bour Sine 2. La pression est constante, amplifiée par la proximité de son frère, Sa Thiès, toujours à ses côtés, à la fois soutien et repère. Il faudra attendre le 19 juillet 2025 pour le voir renouer avec la victoire, en dominant Dione Wally, en prélude du combat entre Liss Ndiago et Ada Fass. Aujourd’hui, il est le seul fils de Double Less encore pensionnaire de l’école de lutte familiale de Keur Massar, dirigée par le coach Mbaye Zoss et portée par le chef de file, Bass Sa Thiès. Un cadre à la fois protecteur et exigeant. Mais entre Élou et Sa Thiès, le lien dépasse la simple fraternité. Ils ont grandi ensemble, partagé le même toit, à Keur Massar, parfois même le même lit. « Sa Thiès est ce frère qui m’a couvé depuis très petit. C’est lui mon idole », confie-t-il. À ses côtés, il apprend la rigueur, la discipline et le sens du sacrifice. De Balla Gaye 2, autre visage important de la famille qu’il considère désormais comme son « papa », il dit s’inspirer de la ferveur, de l’ambition et de cette confiance qui forge les champions. Mais derrière cette trajectoire, il y a aussi un manque. Celui de son père disparu. « À chaque veille de combat, il m’appelait dans sa chambre pour me donner des conseils précieux », se souvient-il avec émotion. Aujourd’hui encore, ces mots résonnent en lui comme une boussole. Conscient d’être encore loin des sommets atteints par ses aînés, Élou refuse pourtant de douter. « Si je ne réussis pas, on me demandera pourquoi. Je suis le fils de Double Less », lance-t-il, lucide. Porté par cet héritage, il assume pleinement son destin.
Le jour où Sa Thiès s’imposait face à Modou Lô, Balla Gaye 2 annonçait déjà l’avènement futur de leur cadet. Une prophétie qu’Èlou accueille avec conviction. Pour lui, l’objectif est clair : suivre les traces de ses aînés, rester discipliné, et un jour, à son tour, s’asseoir sur le trône de Roi des arènes.
Abdoulaye DEMBELE
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