Les cœurs vibrent dans notre pays au rythme du ballon rond depuis le coup d’envoi de la Coupe du monde 2026, qui se tient simultanément au Canada et aux États-Unis. À quelques heures du match Sénégal-France, le peuple sénégalais retient son souffle avec l’espoir de rééditer l’exploit du Mondial 2002. La ferveur est réelle.Les Lions de la Téranga, qui ont décroché le titre de champions d’Afrique avec deux étoiles sur le maillot, vont devoir sortir leurs griffes pour faire exploser les cœurs de joie. Ils ont réussi à rappeler au peuple sénégalais qu’il est bien possible d’affronter les géants de ce monde et d’avoir le dessus sur eux. Mieux encore, qu’il est possible, à force de ténacité et de fortes convictions, de se hisser au sommet et de conquérir le toit du monde.
C’est la magie du ballon rond, qui fait monter l’adrénaline, mais procure aussi un bonheur pur et intense. Comme le soulignent les experts, le football a ce pouvoir d’éveiller un sentiment d’appartenance à une même communauté, qu’elle soit locale, sous-régionale ou mondiale. C’est son charme : faire vibrer les cœurs avec la même intensité.
Le seul hic, c’est que le ballon rond sait faire perdre le nord à nos hommes. Comme dirait l’autre, le foot rend vraiment fou, surtout lorsque certains n’épousent pas l’esprit de fair-play. La scène est belle lorsqu’ils laissent parler leurs cœurs et dégagent de fortes émotions spontanément. Elle est aussi magnifique lorsqu’ils rapprochent des peuples qui partagent cette même passion et s’unissent pour défendre les couleurs d’un pays étranger.
Dans une contribution publiée en ligne, Bassirou Sakho, conseiller sportif, met en lumière le charme et la puissance du football, qui a la capacité de créer et de renforcer une union humaine et de susciter une émotion collective. Il crée aussi des liens solides qui transcendent les générations et les frontières. « Dans un monde où tout semble divisé, le football reste l’un des rares espaces où l’on se retrouve. » Et d’ajouter : « Le football n’est pas qu’un sport. C’est un langage universel, une culture, parfois même une religion, mais surtout, c’est un lien. Un lien puissant entre les peuples, les générations et les cultures. »
Au-delà de la technicité, une belle image se dessine aussi par la magie du foot. Il s’agit de « ce moment où des inconnus chantent ensemble, se prennent dans les bras, vibrent à l’unisson. C’est cette fraternité spontanée, sincère, qui naît dans les tribunes ou dans un bar à l’autre bout du monde. Peu importe la couleur de peau, la religion ou la langue : quand le ballon roule, tout le reste s’efface », souligne l’auteur de l’article
Mais la passion de certains transforme souvent le ballon rond en un couteau à double tranchant. Il titille l’ego et la fierté de certains esprits qui ne manquent pas de verser dans la violence. Les scènes souvent observées avec les hooligans en sont une illustration. Comme quoi le football, vecteur de rapprochement, a aussi ses revers, surtout lorsqu’il va jusqu’à rompre des liens séculaires, fondés sur un fort ancrage politique et culturel, ou à altérer une belle dynamique de partenariat. De tristes scénarios qui restent en travers de la gorge, mais qui seraient sous-tendus par des logiques sportives.
Des experts comme Bernache-Assollant Iouri, docteur en sciences et techniques des activités physiques et sportives apportent des éclairages. Dans un article repris du journal Le Dauphiné Libéré, disponible en ligne, il souligne que « la question identitaire est centrale ».
Une explication avancée : « Le supporter vit chaque déception sportive, un score défavorable, comme une menace pour son identité, puisqu’il s’identifie à son équipe. Et ce, quand bien même le supporter n’est pas sur le terrain : il ne peut donc pas intervenir directement sur la situation. Ces menaces identitaires peuvent, à un moment donné, déclencher tout un tas de comportements extrêmes. »
Il peut arriver, selon ses mots, que ces comportements agressifs se reportent sur l’équipe ou les supporters adverses.
Des situations malencontreuses ont eu à engendrer des conséquences fâcheuses, mais elles ne doivent toutefois pas occulter l’essence même du football : un formidable vecteur de cohésion, de fraternité et de partage entre les peuples.
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