La recrudescence des attaques visant les Forces de défense et de sécurité (Fds) constitue un signal préoccupant pour notre société. Ces actes de violence répétés fragilisent le rapport entre les citoyens et des institutions pourtant essentielles à la sécurité collective et à la préservation d’une paix durable. En mai 2025, l’affaire impliquant le nommé Julo, présenté comme le neveu du lutteur Ama Baldé, avait déjà mis en lumière les difficultés auxquelles peuvent être confrontées les forces de l’ordre dans l’exercice de leurs missions. Recherché dans le cadre d’une enquête pour agression et vol portant sur une moto, le susnommé devait recevoir une convocation des enquêteurs qui s’étaient rendus au domicile familial. D’après l’enquête, Ama Baldé et son frère aîné, Pathé Baldé, se seraient alors opposés à son interpellation, provoquant une altercation avec la Police. Profitant de la confusion, Julo avait réussi à prendre la fuite. Ama Baldé avait par la suite quitté le pays pour se rendre en France. Après plusieurs mois passés à l’étranger, il a finalement été interpellé le 27 mai 2026 en exécution d’un mandat d’arrêt émis à son encontre. À l’issue de sa comparution devant le magistrat instructeur, il a été placé sous contrôle judiciaire. Plus récemment, dans la nuit du 24 au 25 juin 2026, une opération de police a provoqué de fortes tensions à Yeumbeul. Venus interpeller de présumés trafiquants de drogue, des policiers ont été violemment pris à partie par un groupe de jeunes. L’intervention a basculé après la neutralisation des suspects. Alors qu’ils étaient conduits vers le véhicule de police, ces derniers ont alerté le quartier en criant de toutes leurs forces. Rapidement, des jeunes se sont mobilisés pour faire bloc autour des supposés dealers. Face à cette situation devenue critique et pour se désengager, les policiers ont dû procéder à des tirs de sommation en l’air.
Ces incidents illustrent les risques auxquels sont régulièrement confrontées les forces de défense et de sécurité dans la lutte contre le trafic de stupéfiants. Ils révèlent également une évolution du rapport entre certains citoyens et les institutions chargées d’assurer la sécurité publique. L’avènement des réseaux sociaux a profondément changé la perception des interventions policières. La diffusion instantanée de vidéos montrant des opérations jugées excessives ou brutales alimente une méfiance grandissante. Cette défiance peut parfois se transformer en actes de résistance ou en affrontements lors de contrôles ou d’opérations de routine. Dans l’espace public, les contestations verbales et physiques à l’encontre des agents en uniforme tendent ainsi à se banaliser. La numérisation des échanges accentue ce phénomène : filmer une intervention, défier un policier ou un gendarme et diffuser la scène sur les plateformes numériques est parfois devenu une forme de contestation valorisée. Face à cette fragilisation du lien entre population et forces de sécurité, les autorités rappellent régulièrement que la sécurité demeure une fonction régalienne de l’État. La reconstruction de la confiance apparaît aujourd’hui comme un enjeu majeur pour garantir une stabilité durable. C’est dans cette perspective que s’est tenu, du 7 au 9 juillet 2026, un séminaire destiné aux commandants de légion et de groupement de la Gendarmerie mobile à l’État-major de la gendarmerie nationale. Placée sous le thème « Commandement et sens des responsabilités », cette rencontre a permis au général de brigade Jean Bertrand Bocandé, commandant la Gendarmerie mobile, d’insister sur un management fondé sur l’exemplarité, la discipline, l’écoute et la concertation permanente avec le personnel. Il a également rappelé l’obligation absolue d’accomplir les missions de sécurité dans le strict respect des droits et des libertés des citoyens.
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